À l’occasion de la Journée internationale de lutte contre l’islamophobie, le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a dénoncé avec fermeté la montée des discriminations visant les deux milliards de musulmans de la planète. Dans un monde déjà sous tension, ce « poison » menace la cohésion sociale globale.
L’enceinte de l’Assemblée générale des Nations Unies a pris, ce lundi, des airs de tribunal de la conscience internationale. Alors que les conflits armés et les crises politiques saturent l'actualité, António Guterres a choisi de braquer les projecteurs sur une menace qu'il juge de plus en plus systémique : la haine antimusulmane.
Pour le chef de l’ONU, l’islamophobie ne se résume plus à des actes isolés de malveillance. Elle s’est infiltrée dans les rouages de l'État et de l'économie. « Nous sommes confrontés à une montée de l’intolérance », a-t-il martelé, dressant un inventaire inquiétant des formes que prend cette hostilité au quotidien.
Parmi les dérives citées, le Secrétaire général a pointé du doigt la « discrimination institutionnelle » et une « marginalisation socio-économique » qui freinent l'intégration de millions de citoyens. Plus grave encore, il a fustigé les « restrictions migratoires généralisées » et les pratiques de « profilage injustifié » qui transforment, de fait, une appartenance religieuse en suspect habituel.
Cette offensive diplomatique intervient dans un contexte de polycrise mondiale. Pour l'organisation internationale, la stigmatisation des deux milliards de fidèles musulmans n'est pas seulement une injustice religieuse, mais un facteur d’instabilité géopolitique majeur.
En dénonçant une surveillance de masse et des dispositifs de sécurité ciblant spécifiquement cette communauté, António Guterres appelle les États membres à une remise en question profonde de leurs politiques publiques. L'enjeu de cette Journée internationale est de passer du constat à l'action. L'ONU exhorte les gouvernements à renforcer leurs législations contre les crimes de haine et à promouvoir une éducation inclusive.
Alors que les discours de haine pullulent sur les réseaux sociaux, le message de New York se veut être un rappel à l'ordre : la lutte contre l'islamophobie est indissociable de la défense des droits de l'homme et de la paix civile universelle.