Sud-Kivu : le peuple Banyindu s’indigne de son exclusion au Forum national des affaires coutumières organisé à Kinshasa
Dans une correspondance adressée au Vice-Premier Ministre en charge de l’Intérieur et des Affaires coutumières, la communauté Banyindu de la chefferie de Lwindi exprime sa vive protestation. En cause : l’absence de son autorité traditionnelle au Forum national des affaires coutumières qui s’est tenu récemment à Kinshasa.
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C’est un sentiment d’injustice profonde qui s’exprime aujourd’hui depuis les montagnes du Sud-Kivu. Dans une lettre ouverte adressée au Vice-Premier ministre de l'Intérieur, la communauté Banyindu dénonce l’exclusion de la chefferie de Lwindi du dernier Forum national des affaires coutumières à Kinshasa. Entre rappel historique et blessures de guerre, le peuple Nyindu refuse de voir sa légitimité piétinée.

L’heure est à la frustration pour le peuple Banyindu du Sud-Kivu. À travers un mémorandum daté du 9 mars 2026, la mutualité « Lubunga Lunene » et le Conseil de sages de la chefferie de Lwindi ont officiellement saisi les autorités nationales pour dénoncer ce qu’ils qualifient d’« omission grave ».

Selon les signataires du document, la chefferie de Lwindi occupe une place centrale dans l’organisation traditionnelle de la région. Elle est présentée comme la « chefferie aînée » et la matrice de nombreuses lignées coutumières locales. Le texte souligne que plus de 80 % des chefferies du Sud-Kivu, dont celles des Bafuliru, des Bashi et des Bavira, ainsi que certaines du Nord-Kivu, en seraient originaires.

Pour la communauté, ignorer cette filiation historique ne constitue pas seulement un oubli administratif, mais une atteinte directe aux piliers de la légitimité traditionnelle, essentiels à la paix et à la régulation sociale dans l’Est de la République Démocratique du Congo.

Cette exclusion est d’autant plus mal vécue que le peuple Nyindu rappelle avoir payé un lourd tribut pour la défense de l’intégrité territoriale. La correspondance évoque avec douleur des épisodes tragiques de l’histoire régionale, notamment l’assassinat en 1998 de Sa Majesté Mwami François Mubeza III et de son épouse à Kasika, ainsi que la disparition du chef Kawaza en 2017 à Kamombo.

« Ces blessures sont encore trop fraîches et douloureuses. Cette exclusion de Lwindi dans des assises de haute portée rend ces blessures d’autant plus aiguës et insupportables », peut-on lire dans le document signé par Ndingari Matabishi Jacques, président de la mutualité.

Face à ce qu’ils perçoivent comme une marginalisation, les représentants des Banyindu demandent une rencontre directe avec le Vice-Premier Ministre. L'objectif affiché est double : présenter de vive voix les préoccupations de leur communauté et proposer leurs contributions pour le développement et la stabilité du pays.

La copie de ce mémorandum a été transmise aux plus hautes instances de l’État, notamment à la Présidence de la République, à la Primature ainsi qu’aux bureaux de l’Assemblée nationale et du Sénat, témoignant de la volonté de la communauté de voir ce contentieux coutumier résolu au plus haut niveau.


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