L’interpellation de l’ancien président du Sénat, Alexis Thambwe Mwamba, survenue ce vendredi matin à Kinshasa, suscite une vive émotion au sein de la société civile de l’Est de la République démocratique du Congo. Âgé de plus de 80 ans, ce haut dignitaire de l’État aurait été arrêté dans des conditions jugées particulièrement brutales par plusieurs acteurs associatifs.
Dans une déclaration poignante relayée par Hervé Amani, acteur de la société civile de l’Est, l’organisation déplore une atteinte manifeste à la dignité humaine. Tout en soulignant qu’aucun citoyen ne doit être au-dessus des lois, elle rappelle que le parcours et l’âge de l’ancien homme d’État imposaient un traitement respectueux de ses droits fondamentaux.
Cette arrestation ravive par ailleurs des tensions plus profondes. Les représentants de la société civile profitent de cette prise de parole pour alerter de nouveau sur le sentiment d’exclusion et de marginalisation ressenti par les communautés swahiliphones. Selon eux, l’appareil judiciaire ne doit en aucun cas servir d’instrument de règlement de comptes politiques ou de pression ciblant des citoyens en raison de leur origine ou de leur langue.
« La justice ne doit jamais devenir un instrument de règlement de comptes politiques, encore moins un moyen d’intimidation fondé sur l’origine ou l’appartenance linguistique », soutient Hervé Amani dans son message adressé aux autorités.
Face à ce qu’elle qualifie d’arbitraire, la société civile exige des autorités congolaises une clarification immédiate des motifs de cette arrestation, la garantie absolue de l’intégrité physique et morale de l’intéressé, ainsi que sa libération sans condition si sa détention ne repose sur aucun motif légal valable.
Rappelant au président Félix Tshisekedi que l’État de droit doit se démontrer par des actes concrets envers chaque citoyen, opposant ou non, la société civile conclut sur un message ferme : la dignité des Congolais et la justice équitable ne sont pas négociables.