L’offre de soins s’effondre sur l’île d’Idjwi. Depuis le départ massif des partenaires humanitaires, les structures de santé locales se retrouvent dépourvues d’intrants de base, laissant la population dans une précarité sanitaire alarmante.
Le constat est sans appel : les centres de santé et les hôpitaux du territoire d’Idjwi traversent une zone de turbulences sans précédent. Dans un entretien accordé à nos confrères de la Radio Maendeleo le mardi 23 décembre 2025, le Médecin Chef de Zone, le Docteur Aimé Nkemba, a alerté sur un « manque criant » de médicaments.
Cette crise, qui paralyse la prise en charge des patients, n’est pas nouvelle. Selon le Dr Nkemba, la dégradation de la situation remonte à février dernier, date marquant le début des hostilités dans la région. Ce contexte sécuritaire instable a entraîné le retrait progressif des partenaires qui assuraient jusqu’alors l’approvisionnement en médicaments et le financement partiel des soins pour les plus démunis.
Auparavant, grâce à l'appui international, une partie importante des factures médicales des patients vulnérables était prise en charge.
« Aujourd’hui, les structures éprouvent d’énormes difficultés à soigner les malades faute d’intrants », déplore le médecin. Sans ces subventions, l’accès aux soins devient un luxe pour une population déjà meurtrie par le conflit.
La situation est d'autant plus préoccupante que la zone de santé fait face à une recrudescence des cas de rougeole. Bien que des prélèvements aient été effectués et envoyés en laboratoire pour analyse, l'absence de stocks de médicaments limite considérablement la capacité de réponse face à cette épidémie.
Face à l'urgence, le Docteur Aimé Nkemba lance un appel pressant aux organisations humanitaires et aux personnes de bonne volonté. L’objectif est clair : réapprovisionner la zone de santé en urgence pour « sauver des vies humaines aujourd'hui en danger ».