Deux ans après avoir fui les combats pour se réfugier en Ouganda, plus de 50 000 personnes ont regagné leurs terres dans le groupement de Busanza. Si ce retour marque une volonté de stabilisation, la situation humanitaire sur place est jugée préoccupante par les autorités locales.
Les villages de Kitagoma, Karambi, Nyarukwangara, Shinda, Kakando et Rubavu voient leurs populations revenir progressivement. Cependant, ce flux massif de retournés se heurte à une économie locale dévastée et à des services sociaux de base en lambeaux. Niyibizi Patrick, l'actuel chef du groupement Busanza, confirme que l'état de ces familles, parties dès le déclenchement de la guerre, demeure extrêmement fragile.
Le chef de groupement dresse un constat sans appel sur les carences qui frappent ses administrés :
« Ici chez nous, c’est presque tout le monde qui avait fui vers l’Ouganda lors du déclenchement de la guerre. Il est arrivé que cette population ait commencé à rentrer. Et voilà, elle a besoin de beaucoup de choses, comme par exemple : les cultivateurs ont besoin de semences, les éleveurs n’ont plus de belles races, cette population n’accède plus aux soins facilement, suite à la rupture des médicaments dans certaines structures sanitaires, il y a beaucoup de difficultés. »
Face à ce dénuement, Niyibizi Patrick lance un plaidoyer urgent auprès des organisations humanitaires et des autorités provinciales. Ses priorités sont claires : un approvisionnement immédiat en médicaments pour les structures de santé locales et un soutien logistique aux activités agro-pastorales, indispensable pour permettre à ces milliers de foyers de retrouver leur autonomie alimentaire.