Les cultivateurs de café du groupement de Binza, dans le territoire de Rutshuru, tirent la sonnette d'alarme face à la résurgence des vols de leur production. Le phénomène, qui touche particulièrement la localité de Buganza, à 10 kilomètres au nord de Nyamilima, est exacerbé par la complicité présumée de certains acheteurs locaux.
La culture du café, une activité en plein essor dans cette région du Nord-Est de Rutshuru, est désormais sous la menace de maraudeurs non identifiés. Le mode opératoire de ces voleurs suscite l'indignation : ils récoltent des grains de café qui ne sont pas mûrs, causant une double perte pour les agriculteurs.
Le problème majeur, selon les victimes, réside dans la chaîne de commercialisation. Les agriculteurs dénoncent ouvertement la complicité de certains négociants et acheteurs opérant sur les marchés de Buganza, Nyamilima et Ishasha.
« Nous sommes surpris par certaines personnes qui sont en train de voler nos produits de café qui ne sont pas mûrs et qui sont vendus sur le marché local. Nous accusons certains acheteurs locaux qu'ils sont en complicité avec ces voleurs parce que ce sont eux qui achètent les produits récoltés par ces voleurs », a déclaré Hakizimana Biyingoma Jules, un cultivateur de café de Buganza.
Il insiste sur l'aberration de ce commerce illicite : « Un cultivateur du café ne peut jamais récolter des produits qui ne sont pas mûrs. » L'achat de ces grains immatures non seulement favorise ces actes inciviques, mais porte atteinte à la qualité et donc à la réputation du produit local.
Appel aux autorités
Face à cette situation, M. Hakizimana Biyingoma Jules a plaidé pour une intervention urgente des autorités locales afin de mettre un terme à ces vols et de sanctionner les acheteurs qui alimentent ce marché parallèle.
Le café produit dans le groupement Binza est majoritairement destiné au marché ougandais, transitant par les postes frontaliers de Nyamwisi et d'Ishasha. Cette culture est également vitale pour d'autres chefferies de Rutshuru, notamment Bwito (groupements Bambo et Mutanda). La pérennité de cette filière économique est désormais mise en péril par ces actes de « pillage vert ».