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Rutshuru : Alerte aux explosifs, les familles de retour appelées à une extrême vigilance

Après des années d’absence, les familles qui regagnent progressivement leurs foyers et leurs champs dans le territoire de Rutshuru sont mises en garde contre la menace persistante des engins explosifs et des restes de guerre abandonnés. Un appel à l’extrême prudence a été lancé par le Bureau d’actions de développement et des urgences (BADU), une ONG spécialisée dans la lutte contre les mines antipersonnel. 

Le danger des mines oubliées

M. Salem Amisi, chef d’équipe au sein de BADU, souligne l’urgence de la situation, rappelant que l’absence prolongée de deux à trois ans expose directement les habitants à ce danger invisible.

 « Il est vrai que plusieurs familles retournent dans leurs villages, [mais] nombreuses d’entre elles après trois ans d’absence peuvent se heurter à la présence des mines et autres explosifs de guerre abandonnés. Ils n’ont plus fréquenté leurs maisons ni leurs champs, alors ils doivent être prudents », a insisté M. Amisi. 

 Le responsable a martelé la règle de sécurité vitale : ne jamais toucher un objet suspect et le signaler immédiatement aux autorités compétentes. 

« Les mines tuent, les mines sont un danger pour la communauté. Il nous faut donc la vigilance », a-t-il averti. 

Cet appel intervient alors que le mouvement de retour des déplacés s’accélère. Depuis la reprise de Goma vers la fin du mois de janvier, une grande partie des personnes hébergées dans les 18 sites autour de la ville ont commencé à regagner leurs localités d’origine.

Dans le territoire de Rutshuru, ce retour s’observe particulièrement dans les groupements de Jomba, Kisigari et Rugari, ainsi que dans d’autres villages de la chefferie de Bwito, tous des zones qui ont été au cœur des récents conflits. La vigilance demeure la priorité absolue pour assurer un retour sécurisé des populations.