RDC : l’onde de choc sociale d’un rapport de l’INS, 64 millions de congolais basculent dans la pauvreté
L'Institut National de la Statistique (INS) vient de lever le voile sur une réalité sociale alarmante : plus de deux tiers de la population congolaise vivent désormais sous le seuil de pauvreté. Entre 2024 et 2025, la précarité s'est enracinée, particulièrement dans les zones rurales, malgré les efforts de stabilisation macroéconomique.
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Le dernier rapport de l’Institut National de la Statistique (INS) tombe comme un hachoir sur les ambitions de développement de la République démocratique du Congo. Entre 2024 et 2025, l’organisme a scruté à la loupe les conditions de vie des ménages, et le diagnostic est sans appel : la pauvreté n’est plus une exception, elle est la norme pour 67,9 % de la population. 

Sur les quelque 94 millions de Congolais, plus de 64 millions tentent désormais de subsister avec moins de 5 680 FC par jour, un montant dérisoire censé couvrir l'alimentation, le logement et la santé.

Ce quotidien de privations ne frappe pas le pays de manière uniforme. Le rapport dessine une géographie de la fracture sociale où le monde rural paie le tribut le plus lourd. Dans les campagnes, là où vivent sept pauvres sur dix, la consommation individuelle stagne à 4 800 FC par jour, contre 6 800 FC en milieu urbain. Cette disparité témoigne d’un isolement profond des provinces, où l’écart avec le seuil de pauvreté est deux fois plus sévère qu’en ville. 

Si Kinshasa fait figure de « relative » exception avec un taux de 52,6 %, le reste du pays sombre. Une douzaine de provinces oscillent entre 60 % et 70 %, tandis que le reste du territoire bascule dans une précarité extrême dépassant les 70 %.

Au-delà du constat, l’INS chiffre l’effort colossal nécessaire pour inverser la tendance. Pour sortir un seul citoyen de cet état de dénuement, il faudrait lui transférer quotidiennement 2 400 FC, à condition que l'aide soit parfaitement ciblée. 

Ces données doivent selon les analystes, permettre d’ajuster les politiques de croissance et d’évaluer l’impact réel des programmes macroéconomiques sur gouvernement, avec une incidence sur le panier de la ménagère, dans un pays où la profondeur de la pauvreté reste le défi majeur de la décennie.


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