La coalition des miliciens congolais, officiellement connue sous le nom de volontaires pour la défense de la patrie (VDP) ou Wazalendo, vient d'achever une restructuration interne majeure visant à cesser l'éparpillement de ses forces. Ces groupes armés, alliés aux Forces armées congolaises (FARDC), se sont organisés en procédant à des élections qui ont mêlé vote secret, consensus et cooptation pour désigner une nouvelle direction unifiée.
Cette nouvelle organisation a vu Dady Saleh accéder au poste de directeur exécutif national, tandis que le député de la majorité présidentielle, Willy Mishiki, a pris la direction du conseil d’administration de la coalition.
L'objectif principal de cette centralisation est clair : reconquérir les territoires perdus face aux éléments de l'AFC/M23. La ville d’Uvira, tombée aux mains de l'AFC-M23 le 10 décembre, figure en tête des priorités selon eux.
Le professeur Dady Saleh a d'ailleurs annoncé la mise en place de task forces, insistant sur l'urgence de récupérer Uvira pour éviter un « sérieux problème » si les éléments de l'AFC-M23 venaient à traverser Kalemie.
La coalition revendique désormais l'adhésion de plus de 250 groupes armés principalement issus des provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, de l'Ituri, du Maniema et de la Tshopo.
Selon Me Paluku Matofali, secrétaire général chargé des affaires juridiques, cette centralisation était devenue impérative. Il a déploré la perte de territoires due à des actions menées « en ordre dispersé », soulignant qu'une « cacophonie intolérable » régnait jusqu'à présent avec l'existence de plus de six coordinations nationales des VDP.
Cette désorganisation créait selon lui, des difficultés pratiques, notamment lors de l'approvisionnement en munitions auprès des FARDC, où les groupes se voyaient parfois refuser l'aide.
La coalition a mis en lumière des défis logistiques importants, notamment un manque criant de munitions. Elle a évoqué des situations où, par exemple, « un groupe de 100 personnes, disposait de 10 armes », ou des problèmes d'armes dotées de « munitions incompatibles ».
Bien que les autorités congolaises soutiennent les Wazalendos, aucun membre du gouvernement n'a pris part à cette récente rencontre. Les relations avec l’armée congolaise (FARDC) restent par ailleurs parfois tendues sur le terrain, ayant même conduit à des affrontements passés. Toutefois, la nouvelle coordination a affirmé sa volonté d'harmoniser les actions avec l'armée et d'assurer le respect des droits de l'homme dans ses opérations.