Dans une déclaration officielle signée à Kinshasa ce 10 février 2026, et dont une copie est parvenue à notre rédaction, la société civile congolaise a tranché : le dialogue national, tel qu'envisagé par le pouvoir, fait fausse route. Entre craintes d'exclusion et besoin de transparence, les forces vives du pays appellent à une refonte totale du processus.
Le texte est sans équivoque : un dialogue qui choisit ses participants n'en est pas un. En dénonçant les conditions restrictives posées par le président Félix Tshisekedi, la société civile fustige la mise en place d'un « simulacre » qui s'apparente davantage à un monologue qu'à une quête de solutions durables. Pour les signataires, écarter certains acteurs de la scène nationale ne fait que fragiliser la cohésion du pays et prive l'initiative de toute légitimité. Ils rappellent avec force que la paix ne se décrète pas, mais se construit dans la sincérité et l'écoute mutuelle.
Au cœur des revendications figure également l'impératif d'impartialité. La déclaration souligne qu'un processus placé sous le contrôle exclusif de l’État ne saurait inspirer confiance. Pour garantir la crédibilité des échanges, la société civile plaide pour une médiation portée par des acteurs neutres et respectés, citant notamment la CENCO, l’ECC et l’Union Africaine, tout en sollicitant l’appui de partenaires internationaux expérimentés. L'enjeu est de taille : éviter que les conclusions ne soient rejetées par les parties exclues, ce qui pourrait aggraver les tensions actuelles.
Cet appel de la société civile au pouvoir de Kinshasa, retentit comme un avertissement. Pour sortir le pays de l'impasse, le dialogue doit impérativement s'ouvrir à chaque Congolais dans un cadre sûr et transparent. La recherche d'une paix véritable passera, selon les signataires, par une volonté politique réelle de bâtir un consensus national sans laisser personne sur le bord du chemin.