Human Rights Watch (HRW) dénonce de graves abus commis par les forces armées congolaises (FARDC) et leurs alliés Wazalendo contre des civils dans la ville d’Uvira, au Sud-Kivu.
Selon l’organisation, les Wazalendo, une coalition de milices se présentant comme « patriotes », ont harcelé, menacé, enlevé et restreint l’accès aux services essentiels des membres de la communauté banyamulenge, accusés de collusion avec le M23. Des attaques meurtrières ont été signalées, notamment la mort de deux enfants de 8 ans lors d’opérations militaires et de manifestations réprimées.
La tension a explosé début septembre après la nomination du général Olivier Gasita Mukunda, issu de la communauté banyamulenge, à la tête d’une unité à Uvira. Les Wazalendo s’y sont opposés, multipliant barrages routiers, violences et discours à caractère ethnique. Le 8 septembre, l’armée a ouvert le feu sur des manifestants non armés, faisant au moins un mort et neuf blessés.
HRW accuse les autorités congolaises de continuer à armer et financer les Wazalendo malgré les exactions documentées. L’organisation estime que ce soutien peut rendre certains responsables « complices » des crimes commis.
Les Banyamulenge, minorité tutsie congolaise, subissent depuis des décennies discriminations et violences, régulièrement alimentées par des discours politiques ou communautaires. HRW appelle Kinshasa à condamner publiquement les attaques à caractère ethnique, à enquêter et à traduire les responsables en justice.
« Les civils de l’est de la RDC sont pris en étau entre l’armée, les Wazalendo et d’autres groupes armés. Le gouvernement doit prendre des mesures urgentes pour assurer leur protection », a déclaré Clémentine de Montjoye, chercheuse senior à HRW.