Le secrétaire permanent du PPRD, parti de l’ex-président Joseph Kabila, a été interpellé à son domicile dans la nuit de lundi à mardi par des hommes en uniforme. Sa famille et ses proches dénoncent un enlèvement, tandis que le camp Kabila fustige une dérive autoritaire.
C’est une intervention musclée qui secoue la scène politique congolaise. Ce matin, aux alentours de 3h30, Emmanuel Ramazani Shadary a été arrêté à son domicile de la Gombe, à Kinshasa. Selon les témoignages recueillis auprès de son entourage, l’opération a été menée par plusieurs dizaines d’hommes lourdement armés, identifiés comme appartenant à la Garde républicaine (GR).
Le récit de l’arrestation décrit une scène de grande tension. Une dizaine d’éléments cagoulés et munis de gilets pare-balles auraient forcé l’entrée de la résidence avant de pénétrer dans la chambre du cadre du PPRD. Après avoir perquisitionné son bureau et saisi ses téléphones portables, les forces de sécurité ont emmené l'ancien candidat à la présidentielle de 2018 vers une destination inconnue.
À l'heure actuelle, l'incertitude plane sur le lieu de sa détention. Des membres de sa famille, qui se sont rendus au camp militaire Tshatshi dans l'espoir d'obtenir des réponses, n'ont reçu aucune confirmation officielle de sa présence sur les lieux.
Le camp Kabila dénonce un harcèlement politique
La réaction du Front commun pour le Congo (FCC) ne s'est pas fait attendre. Aubin Minaku, vice-président de la formation, a vivement condamné des méthodes qu’il juge contraires à l’État de droit.
« Ces agissements fragilisent la cohésion nationale », a-t-il déclaré, précisant qu'une perquisition nocturne visait simultanément le siège de la coalition pro-Kabila.
Le parti exige la libération immédiate et sans condition de son secrétaire permanent.
Cette arrestation intervient dans un contexte de bras de fer permanent entre le pouvoir en place et l’opposition fidèle à Joseph Kabila. Emmanuel Shadary était déjà dans le viseur des aut
Il y a peu, la justice militaire l'avait interdit de sortie de territoire, l'accusant de liens avec la rébellion AFC/M23 et récemment, l'homme politique s'était illustré par ses sorties médiatiques virulentes, qualifiant le procès de Joseph Kabila de « manœuvre de diversion » et dénonçant les accords diplomatiques de Washington et Doha comme des « revers » pour la RDC.
Pour l’heure, les autorités gouvernementales n'ont pas encore communiqué officiellement sur les motifs exacts de cette interpellation nocturne.