RDC : à Goma, James Swan face aux défis du cessez-le-feu et aux revendications de l’AFC-M23
Pour le patron de la MONUSCO, la réussite de la trêve dépend du renforcement du Mécanisme conjoint élargi de vérification Plus (EJVM+). Swan a exigé des conditions de sécurité strictes pour ses équipes, incluant l'arrêt du brouillage GPS, la fin de l'usage des drones offensifs et une totale liberté de mouvement pour le personnel onusien.
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Le nouveau Chef de la MONUSCO, James Swan, a effectué sa première mission de terrain à Goma ce vendredi 24 avril 2026. Entre volonté de désescalade affichée par l'ONU et plaidoyer de l'AFC-M23 sur la gestion des « territoires libérés », cette visite marque une étape cruciale dans le suivi des accords de paix.

Arrivé seulement trois semaines après sa prise de fonctions, James Swan a placé cette visite sous le signe de l'urgence sécuritaire et humanitaire. Le diplomate américain a réitéré que Goma demeure le pivot des efforts de protection des civils et de stabilisation du Nord-Kivu.

Pour le patron de la MONUSCO, la réussite de la trêve dépend du renforcement du Mécanisme conjoint élargi de vérification Plus (EJVM+). Swan a exigé des conditions de sécurité strictes pour ses équipes, incluant l'arrêt du brouillage GPS, la fin de l'usage des drones offensifs et une totale liberté de mouvement pour le personnel onusien.

Cette exigence fait écho aux récents pourparlers de Montreux (Suisse), où les représentants du gouvernement congolais et de l’AFC-M23 ont jeté les bases d'un protocole sur l'accès humanitaire.

En marge de cette visite, la coordination politique de l'Alliance Fleuve Congo (AFC-M23) a adressé un « mot de circonstance » au Représentant spécial. Tout en saluant l'expérience du diplomate, le mouvement a brossé un tableau contrasté de la situation sur le terrain.

L’AFC-M23 affirme avoir instauré une stabilité dans les zones sous son contrôle, citant la réhabilitation d’infrastructures et le maintien des corridors commerciaux vers Goma et Bukavu. Cependant, le mouvement dénonce un « blocus bancaire » imposé par Kinshasa, qui priverait les populations de l'accès à leurs épargnes et aux services sociaux essentiels.

Un point majeur du message de l'AFC-M23 concerne la ville d'Uvira. Le mouvement se dit préoccupé par la dégradation sécuritaire dans cette zone depuis son retrait, évoquant des menaces contre les populations civiles de la part des forces gouvernementales et de leurs alliés (FDLR, Wazalendo, troupes burundaises).

L’Alliance appelle James Swan à peser de tout son poids pour assurer la réouverture des banques dans les zones stabilisées, assurer la réouverture des banques dans les zones stabilisées et garantir le survol humanitaire de la MONUSCO pour secourir les populations meurtries de Fizi et des Hauts-Plateaux.

Malgré des « divergences passées », l'AFC-M23 s’est dit prête à reconsidérer ses rapports avec la mission onusienne pour donner une chance au processus de paix. James Swan, de son côté, a conclu son intervention en appelant à une coopération sincère de tous les belligérants.

Alors que les tensions restent vives, l’implication du Chef de la MONUSCO dans la mise en œuvre du Mécanisme de Vérification (MCVE+) sera déterminante pour transformer cette visite de prise de contact en un véritable levier de paix durable pour l’est de la RDC.


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