Alors que les médiations internationales piétinent, la sénatrice Francine Muyumba annonce la parution imminente de son ouvrage. Un plaidoyer musclé qui appelle la RDC à « sortir de la diplomatie du spectacle pour un art de l'action et de la souveraineté ».
Ce n’est pas une simple analyse académique, mais un véritable manifeste politique qui s’apprête à bousculer les lignes diplomatiques de la République Démocratique du Congo. Depuis le Haut-Katanga, Francine Muyumba a dévoilé les contours de son prochain livre : « Pour une diplomatie congolaise source de prospérité nationale et de rayonnement international ». Attendu dans un mois, l'ouvrage propose une rupture radicale avec les méthodes actuelles.
Pour l’auteure, le constat est sans appel : l’appareil diplomatique congolais doit cesser d’être une charge budgétaire pour devenir un moteur de croissance.
« Je propose une refonte globale pour que notre diplomatie devienne le levier de notre économie, le bouclier de notre intégrité territoriale et le moteur de notre influence réelle », martèle-t-elle.
L’ambition affichée est claire : transformer la posture de la RDC sur l’échiquier mondial. Pour Francine Muyumba, il est impératif de passer d’une « diplomatie de sollicitation » à une « diplomatie de puissance ». Selon elle, le pays ne doit plus se contenter de subir les agendas dictés par l’extérieur, mais doit impérativement imposer les siens.
« J'offre ce travail à chaque Congolais de bonne volonté, pour qu'ensemble, nous cessions d'être les spectateurs de notre propre destin », confie-t-elle avec gravité.
Cette sortie intervient dans un climat de scepticisme généralisé quant aux médiations internationales. Malgré l’implication directe du président américain Donald Trump et les engagements pris par Félix Tshisekedi et Paul Kagame, le « processus de Washington » peine à transformer l'essai. Sur le terrain, la situation sécuritaire reste précaire, empoisonnée par des accusations mutuelles de non-respect des accords.
Le constat est tout aussi amer concernant les discussions de Doha, menées sous l’égide de l’Émir du Qatar entre Kinshasa et la rébellion de l’AFC/M23. Malgré la signature de mécanismes de cessez-le-feu et d’accords-cadres, les mesures concrètes restent au point mort après une longue période de léthargie. C’est précisément ce fossé entre la signature de documents prestigieux et l’absence de résultats tangibles que Francine Muyumba entend dénoncer, prônant une diplomatie où l'action souveraine prime enfin sur l'affichage.