La localité de Mangurejipa, dans le territoire de Lubero, a observé mercredi 28 janvier, une journée « ville morte » à l'appel de la société civile. Cette mobilisation fait suite à la mort de deux civils, tués mardi lors d'une manifestation contre l'insécurité.
Les activités socio-économiques sont restées totalement paralysées tout au long de la journée. Les commerces, les marchés ainsi que les établissements scolaires n'ont pas ouvert leurs portes. La circulation routière est demeurée quasi inexistante dans ce centre du territoire de Lubero, ont rapporté des sources locales.
Par cette action, les forces vives et les organisations de jeunesse entendent dénoncer la répression d'une marche de femmes organisée la veille. Les manifestantes protestaient initialement contre la récurrence des massacres attribués aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF) dans la région.
Le bilan de la journée de mardi fait état de deux morts et trois blessés, dont une fillette de six mois. Des incidents ont également éclaté en marge de la manifestation : la résidence du chef de secteur des Bapere a été prise pour cible, entraînant l'incendie d'une moto et d'équipements solaires (panneaux et batteries).
L'usage d'armes à feu par les forces de l'ordre suscite une vive indignation. Mbambu Luvono Dévote, actrice de paix basée à Butembo, a fermement condamné ces violences mercredi, pointant un « manque de professionnalisme » des agents de sécurité face à une marche pacifique.
« Les autorités doivent recourir à des moyens non violents pour encadrer les civils », a-t-elle déclaré, appelant l’administrateur du territoire et le gouvernement provincial à diligenter des enquêtes urgentes pour établir les responsabilités.
La société civile locale maintient sa pression et exige que les auteurs des tirs soient traduits en justice, tout en appelant au retour au calme pour éviter de nouveaux dérapages.