Kalemie : le commissaire supérieur Ndolomingo Michel fait le point sur la formation de 90 jours des policiers OPJ du Tanganyika
Pour la PNC, rehausser les compétences d'une centaine d'agents à la fois permet de matérialiser efficacement et à grande échelle le concept de « police de proximité », un modèle axé sur la prévention, le dialogue et la transparence vis-vis des populations civiles. l'OPJ est le premier visage que rencontre le citoyen en quête de justice. La qualité de son accueil, la rigueur de son procès-verbal et sa capacité à qualifier les faits déterminent irrémédiablement la suite de la procédure judiciaire.
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Alors que la confiance entre les communautés locales et l'appareil sécuritaire s'impose comme la pierre angulaire de la stabilité dans la province du Tanganyika, l'école de police de Kalemie devient l'épicentre d'une transformation attendue. Le coup d'envoi d'une session de formation intensive de 90 jours, dessine les contours d'une police républicaine renouvelée. Plus qu'une simple mise à niveau technique, cette initiative incarne le bras armé d'une profonde réforme institutionnelle.

Cette session d'envergure nationale émane d'une impulsion directe du commissaire général de la Police nationale congolaise (PNC). Sur le terrain, elle sera orchestrée avec rigueur par les autorités provinciales, parmi lesquelles le commissaire supérieur (lieutenant-colonel) Ndolomingo Kyamawete Michel, directeur de l’école de police de Kalemie, que nous avons interviewé ce lundi 29 juin. Le programme bénéficie d’un déploiement institutionnel de haut niveau, coordonné conjointement par la direction générale des écoles et formations, la direction des ressources humaines et la cellule d’études et planification de la Police. La présence conjointe des hauts cadres de ces départements clés à Kalemie souligne le caractère hautement stratégique et prioritaire de cette démarche.

L'importance de cette session de formation réside également dans l'ampleur de son effectif. Ce sont en effet une centaine d'officiers de police judiciaire issus de différentes unités du Tanganyika qui se retrouvent sur les bancs de l'école. En formant simultanément une telle masse critique d'enquêteurs, la direction de l'école de la police et sa hiérarchie se donnent les moyens d'insuffler un véritable changement systémique et immédiat au sein des commissariats de la province.

« Placé en première ligne de la chaîne pénale, l'OPJ est le premier visage que rencontre le citoyen en quête de justice, souvent dans des moments de vulnérabilité extrême. D'où, la qualité de son accueil, la rigueur de son procès-verbal et sa capacité à qualifier les faits déterminent irrémédiablement la suite de la procédure judiciaire. C'est pourquoi pour l'institution, rehausser les compétences d'une centaine d'agents à la fois permet de matérialiser efficacement et à grande échelle le concept de " police de proximité ", un modèle axé sur la prévention, le dialogue et la transparence vis-vis des populations civiles » a souligné le lieutenant-colonel Ndolomingo Kyamawete Michel, officier chargé de l'école de police de Kalemie. 

Si l'ambition est nationale, l'ingénierie et la concrétisation matérielle de cette session reposent sur une coopération bilatérale et multilatérale robuste. La mise en œuvre de ce cycle d'apprentissage est portée de bout en bout par deux partenaires internationaux majeurs, dont l'Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) et l'Agence de Coopération Internationale du Japon (JICA).

Cet appui, qui s’inscrit désormais dans une troisième phase de collaboration réussie, ne se limite pas à un simple soutien protocolaire. Il s'agit d'un engagement structurel global. Sur le plan financier, les bailleurs de fonds garantissent la prise en charge logistique lourde inhérente à trois mois de formation continue pour cette centaine d'apprenants. Sur le plan technique, they injectent des standards internationaux dans les modules dispensés, assurant une hybridation parfaite entre le cadre légal congolais et les principes universels des droits humains.

Afin de forger des profils d'enquêteurs complets, le programme d'études est structuré autour de modules transversaux de haut niveau qui sont le droit pénal (général et spécial) et la procédure pénale, les techniques d'enquête criminelle et d'audition judiciaire, la rédaction des procès-verbaux, la médecine légale, l'éthique et la déontologie ainsi que la communication.

Au-delà de l'apprentissage technique des lois et des procédures criminelles, le commissaire supérieur Ndolomingo Kyamawete Michel a insisté lourdement sur la transformation comportementale. L'accent est mis sur l'éthique professionnelle, la déontologie policière et le respect des valeurs républicaines. 

« Face à des situations complexes, incluant la gestion d'un corps sans vie ou l'interrogatoire de suspects, l'OPJ doit incarner la neutralité et le professionnalisme.», a-t-il souligné. 

Au terme de ces 90 jours, les officiers brevetés regagneront leurs unités respectives à travers la province du Tanganyika. Ils auront la lourde responsabilité d'appliquer ces connaissances sur le terrain, agissant en véritables catalyseurs de la réforme. Le succès à long terme de cette initiative se mesurera à l'aune de la baisse des cas d'arbitraire et de l'amélioration concrète du sentiment de sécurité au sein des communautés.


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