Justice : l'opposant Parole Kamizelo récuse ses juges et dénonce un simulacre de procès
Pour l'accusé, le scandale est double : non seulement ses bourreaux présumés lui font face, mais le tribunal autorise l’exploitation de procès-verbaux qui auraient été arrachés sous la violence. Cette atmosphère électrique, aggravée par la présence d’agents du CNC dans la salle d'audience, constituerait selon lui une pression directe sur les magistrats, incapables de maintenir une police des débats sereine.
  • 0
  • 0
Faites défiler vers le bas pour découvrir

Rien n'est plus « maîtrisable » dans le dossier qui oppose Parole Kamizelo au ministère public. L'opposant et cadre du PPRD a officiellement demandé, ce lundi 9 février, le retrait des magistrats en charge de son affaire. Entre accusations de torture et soupçons de pressions politiques, le procès pour outrage au Chef de l’État vire à la crise de confiance.

C’est une lettre de dénonciation cinglante que Parole Kamizelo a déposée sur la table du tribunal. Pour ce cadre du Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie, la partialité des juges ne fait plus de doute. L’opposant estime que la chambre ne garantit plus l’équité nécessaire à la manifestation de la vérité, transformant les audiences en un terrain hostile pour la défense.

Au cœur de sa colère : la présence oppressante des services de sécurité au sein même de l'appareil judiciaire. Kamizelo affirme reconnaître, parmi les officiers du ministère public, des membres du CNC (Conseil National de Cybersécurité) qu'il accuse d’être ses propres tortionnaires. Pour l'accusé, le scandale est double : non seulement ses bourreaux présumés lui font face, mais le tribunal autorise l’exploitation de procès-verbaux qui auraient été arrachés sous la violence.

Cette atmosphère électrique, aggravée par la présence d’agents du CNC dans la salle d'audience, constituerait selon lui une pression directe sur les magistrats, incapables de maintenir une police des débats sereine.

Face à ce qu'il qualifie de dérive, l'homme qui s'est fait connaître pour son flegme et son concept du « maîtrisable » passe à l'offensive. Il exige le déport immédiat de l'ensemble de la chambre. La menace est claire : si les juges ne se retirent pas d'eux-mêmes, il engagera une procédure de récusation formelle pour les récuser de force.

Poursuivi pour outrage envers le président Félix Tshisekedi, Parole Kamizelo continue de nier les faits. Il soutient que les preuves vidéos brandies contre lui, notamment celles où il présente des excuses, sont le fruit d'une mise en scène obtenue par la contrainte. En s'attaquant aujourd'hui à la composition même du tribunal, l'opposant déplace le débat : avant de juger le fond, il faudra désormais juger l'impartialité de ceux qui rendent la justice.


Article Précédent Lualaba : 11 morts et plusieurs blessés dans un éboulement de terre à Tilwizembe
Article Suivant Corruption : la RDC scellée dans le « Top 20 » mondial de pays les plus corrompus

ARTICLES CONNEXES

--}}