Alors que le FMI tirait déjà la sonnette d’alarme en janvier dernier, un nouveau rapport vient confirmer l’emballement des dépenses liées aux fonctionnaires en République démocratique du Congo. Entre trajectoire budgétaire hors de contrôle et manque de transparence, l'État congolais se retrouve face à un défi structurel majeur.
Le constat dressé par le Centre de recherche en finances publiques et développement local (CREFDL) ce vendredi 20 mars indique que la machine salariale s'emballe. En l’espace de cinq ans seulement, l’enveloppe consacrée à la rémunération des agents publics a bondi de 40 %, passant de 2,75 milliards de dollars en 2021 à 4,58 milliards en 2025.
Cette ascension fulgurante ne semble pas vouloir marquer de pause. Pour l’exercice 2026, les prévisions frôlent déjà les 5,4 milliards de dollars, témoignant d'une difficulté chronique à contenir les coûts de l'administration.
Au-delà des chiffres bruts, c’est le poids relatif de ces dépenses qui inquiète les observateurs. Aujourd’hui, plus de 43 % des ressources internes de la RDC sont englouties par la paie des fonctionnaires. Ce ratio dépasse largement les seuils de viabilité économique et confirme les craintes du Fonds monétaire international (FMI) quant à la fragilisation des équilibres budgétaires du pays.
Plus préoccupant encore, le gouvernement semble peiner à respecter ses propres objectifs; sur la période écoulée, ce sont près de 18 milliards de dollars qui ont été décaissés, contre les 16 milliards initialement prévus. Au cœur de cette crise, le CREFDL pointe du doigt un manque de clarté persistant. Les rapports budgétaires peinent à justifier ces dépassements systématiques, laissant planer un doute sur la gestion réelle du fichier de la paie.