Est de la RDC : sommet de crise à Kampala pour stabiliser les Grands Lacs
Alors que les tensions persistent au Sud-Kivu, le président ougandais Yoweri Museveni a réuni ce dimanche les chefs de la diplomatie régionale à Entebbe. Objectif : désamorcer une situation sécuritaire explosive et renforcer la coopération transfrontalière.
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La State House d’Entebbe est devenue, ce dimanche 21 décembre 2025, le centre névralgique de la diplomatie régionale. Sous l'égide du président Yoweri Museveni, un sommet extraordinaire s'est ouvert pour s'attaquer à l’instabilité chronique qui frappe l’est de la République démocratique du Congo (RDC) et menace l’équilibre de la région des Grands Lacs.

La présence autour de la table de Floribert Anzuluni, ministre congolais de l’Intégration régionale, et de son homologue rwandais de l’Intérieur, Vincent Biruta, souligne l'importance des enjeux. Les relations entre Kinshasa et Kigali restent marquées par une méfiance profonde, alors que le gouvernement congolais et Bujumbura continuent de pointer du doigt le soutien présumé du Rwanda au mouvement AFC/M23.

Ce sommet intervient dans un climat particulièrement instable au Sud-Kivu. L'annonce récente du retrait de l'AFC/M23 d'Uvira, ville stratégique à la frontière burundaise, n'a pas suffi à apaiser les craintes d'une nouvelle escalade.

Le président Museveni, qui s'est dit « encouragé par les discussions », tente de jouer les équilibristes. Dans un message diffusé ce dimanche, il a salué la « ferme volonté » des délégations de collaborer pour une paix durable.

Pourtant, Kampala n'est pas qu'un simple médiateur. L'Ouganda est un acteur militaire de premier plan dans l'est de la RDC via l'opération Shujaa. Menée conjointement avec les forces congolaises depuis 2021, cette offensive vise à neutraliser les ADF, groupe affilié à l'État islamique.

« La stabilité n'est pas seulement sécuritaire, elle est économique », rappelle un analyste, alors que l'Ouganda finance d'importants projets routiers en Ituri et au Nord-Kivu pour désenclaver la région.

L'issue de ce sommet sera scrutée de près. Si la volonté de dialogue est affichée, le défi reste entier : transformer les déclarations d'intention d'Entebbe en actions concrètes sur le terrain pour protéger les populations civiles et garantir la sécurité des infrastructures partagées.


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