Le processus de paix pour l’Est de la République démocratique du Congo vient de s’offrir une nouvelle bouffée d'oxygène au Qatar. Le lundi 2 février 2026, la signature d'un accord technique entre Kinshasa et l'AFC/M23 sur les mécanismes de surveillance du cessez-le-feu pourrait ressembler à une victoire diplomatique. Mais dans cette région où les accords se signent aussi vite que les trêves se rompent, la prudence est plus qu’une vertu, c’est une nécessité.
Sur le papier, l’avancée est réelle. En définissant les contours du mécanisme de supervision et de vérification du cessez-le-feu COVM (le cerveau politique) et du mécanisme conjoint vérification l’EJVM+ (le bras opérationnel sur le terrain), les médiateurs tentent de donner des « dents » à l’accord-cadre de novembre dernier. L'ambition est claire : transformer une volonté de paix abstraite en une réalité vérifiable sous 30 jours, sous l'œil de la CIRGL.
Pourtant selon certaines analyses, le texte laisse un goût d'inachevé. En restant évasif sur la composition du secrétariat du COVM, véritable tour de contrôle politique et en maintenant le flou sur le rôle exact de la Monusco, les signataires semblent avoir repoussé les sujets qui fâchent. Plus inquiétant encore, l’histoire récente du conflit nous rappelle cruellement que les mécanismes de surveillance ne manquent pas ; ce qui manque, c'est plutôt la volonté de rapporter les faits et leur acceptation par les parties en conflit.
Le signal envoyé depuis Doha est certes celui d'une reprise du dialogue, prouvant que la diplomatie n'est pas encore totalement enlisée. Mais pour que ce document ne rejoigne pas la longue liste des protocoles oubliés, il faudra bien plus que des termes de référence. Il faudra du courage politique. Car observer une guerre est une chose, mais avoir l'audace d'en désigner les coupables en est une autre.
Sans cette transparence, ce pas enregistré dans le processus de Doha risque de n'être qu'un nouveau décor de théâtre pour un drame qui n'en finit pas.