Alors qu’un afflux record de 100 000 déplacés fuit les combats au Sud-Kivu, la situation humanitaire au Burundi vire au cauchemar. Le HCR vient de confirmer la mort de 53 personnes, victimes d’une crise sanitaire galopante où le choléra et la malnutrition sévère font désormais plus de victimes que les armes.
Le bilan est lourd et l’alerte, cette fois, est officielle. Selon les dernières données du Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR), 53 réfugiés congolais ont perdu la vie après avoir traversé la frontière burundaise. Parmi eux, 25 ont succombé au choléra, tandis que les autres décès sont attribués à des complications liées à l’anémie et à une malnutrition aiguë.
Depuis décembre dernier, la province de Cibitoke est le théâtre d'une crise humanitaire sans précédent. Fuyant les affrontements à l’est de la République démocratique du Congo (RDC), plus de 100 000 civils se retrouvent entassés dans des conditions d'hygiène déplorables. L'absence d'infrastructures sanitaires de base a transformé les sites d'accueil en foyers infectieux.
« Nous n’avons ni eau potable, ni sanitaires », témoigne un réfugié originaire d'Uvira. « Quand il pleut, la situation devient dramatique. Les maladies d’origine hydrique et la diarrhée se propagent à une vitesse fulgurante. » Sans accès à une eau saine, les déplacés sont contraints de s'approvisionner directement à la rivière, s'exposant ainsi au bacille du choléra.
Au-delà de l'urgence médicale, une menace sécuritaire pèse sur les survivants. Pour ceux qui tentent de quitter les camps de fortune afin de chercher de la nourriture ou de l'eau, le danger est omniprésent. Des témoignages font état de corps sans vie retrouvés aux abords des cours d'eau, victimes d'agressions par des groupes armés non identifiés.
Si Kinshasa a dépêché une délégation ce vendredi avec des vivres et des biens de première nécessité, l’aide peine à couvrir l’immensité des besoins. Près de 70 % des réfugiés présents depuis plus d'un mois n’auraient encore reçu aucune assistance humanitaire structurée.
Entre l’insécurité sur les routes de l’exil et l’agonie dans les centres d’accueil, les réfugiés du Sud-Kivu se retrouvent aujourd'hui pris au piège d'une crise qui ne semble plus avoir d'issue.