La colère gronde au Sud-Kivu. Face aux perturbations devenues chroniques et persistantes de la connexion internet qui paralysent la ville de Bukavu, le bureau de la coordination nationale du mouvement de la société civile du Congo (MSCO) est monté au créneau. Dans une déclaration rendue publique ce 22 juin, l'organisation lance un ultimatum de 72 heures aux entreprises de télécommunication pour rétablir le signal, sous peine de devoir quitter la province.
Un réseau quasi inexistant, des appels coupés et une économie locale asphyxiée. C’est le tableau sombre décrit par le MSCO face aux prestations des géants de la téléphonie mobile opérant à Bukavu, notamment Vodacom et Airtel. Depuis plusieurs jours, les plaintes de la population se multiplient dans tous les sens, sans qu'aucune solution durable ne soit apportée.
Pour la structure de la société civile, les conséquences de cette mauvaise qualité de service sont dramatiques et touchent toutes les couches socioprofessionnelles. Des commerçants aux hommes d'affaires, en passant par les chercheurs, le constat est le même et la frustration est à son comble.
« Les mégas expirent sans avoir servi l'acheteur. Les marchandises, l'argent et d'autres biens de valeur sont ainsi perdus », déplore la coordination nationale du MSCO.
Aujourd'hui à Bukavu, l'accès aux plateformes numériques et aux réseaux sociaux majeurs comme WhatsApp, Facebook, TikTok, X (ex-Twitter) ou encore Gmail est devenu un parcours du combattant. Même les services de base, tels que les appels vocaux, les audios et les SMS, sont qualifiés de « presque nuls ».
Face à ce qu'elle qualifie de préjudice matériel et financier majeur, la société civile refuse de rester les bras croisés. Elle exige non seulement le retour immédiat d'une connexion de qualité, mais aussi le remboursement sans délai de toutes les pertes subies par les consommateurs, dont les forfaits internet ont expiré sans être consommés.
Le ton se veut désormais coercitif. Le MSCO prévient que si la situation n'est pas régularisée en urgence, les opérateurs techniques devront en assumer les conséquences directes.
« Dans le cas contraire, nous exigeons que ces maisons de télécommunication emballent leurs effets et quittent librement le sol congolais dans 72 heures. »
Cet ultimatum pose un nouveau défi aux opérateurs de télécoms en République Démocratique du Congo, régulièrement pointés du doigt pour la qualité de leurs services, alors que le numérique est devenu indispensable au quotidien des centres urbains de l'Est du pays. Reste à savoir si ce cri d'alarme suffira à faire bouger les lignes avant l'expiration du délai.