Nord-Kivu : entre enjeux budgétaires et rigueur légale, Carly Nzanzu Kasivita balise le lancement du projet cuivre de Bashu
L’horizon économique du territoire de Beni s’éclaircit avec la confirmation d’indices de cuivre dans le graben de la chefferie des Bashu. Pour Carly Nzanzu Kasivita, député national, ancien Gouverneur de province et figure politique majeure du Nord-Kivu, ce projet industriel représente un levier de développement crucial, à condition que le cadre légal ne soit pas sacrifié sur l’autel du profit. Il exige une vigilance accrue sur le respect des textes.
Devant la presse ce mardi 10 mars 2026, l’élu national a affiché une position claire, celle d’un soutien à l’investissement privé au service de l’intérêt général. Pour le député Kasivita, l’exploitation des ressources de Bashu doit impérativement se traduire par une amélioration des services publics régaliens.
« Si on exploite le cuivre, les exploitants paieront les taxes nationales et notre budget va augmenter. Nous avons besoin de cet argent pour équiper la police, payer les enseignants et les infirmiers », a-t-il rappelé. Selon sa vision, l’entrée en phase de production permettrait de désenclaver économiquement la région de Butembo en créant des opportunités directes dans la sous-traitance pour les entrepreneurs locaux.
Toutefois, ce plaidoyer pour la relance économique s’accompagne d’une fermeté absolue sur la gouvernance minière. Conscient des enjeux sociaux et environnementaux, le député a placé les opérateurs devant leurs responsabilités.
« J’ai insisté, en tant qu’élu, parce que je représente la population, que ceux qui vont exploiter puissent respecter scrupuleusement les codes miniers », a-t-il martelé.
Cette insistance souligne une volonté politique de prévenir les conflits communautaires et de garantir que la « redevance minière » soit réellement perçue par les entités territoriales décentralisées (ETD).
Sur le terrain, la phase d’exploration avancée entre dans une période critique. La société américaine Copper Intelligence (anciennement African Discovery Group) a officiellement lancé la mobilisation de sa chaîne logistique. En partenariat avec le spécialiste sud-africain Gemdrill. Tout le nécessaire est en train d’être mis sur pied pour lancer les travaux de forage.
Le calendrier prévisionnel des opérations prévoit que le matériel arrive à la frontière de la RDC sous deux à trois semaines, avant de leur acheminement sur le terrain en fin mars, environ sept jours consacrés à l’aménagement du camp de base et à la sécurisation logistique à Bashu. Le lancement des opérations de forage devraient débuter mi-avril. C’est en début mai 2026, que les premiers échantillons extraits, devraient être envoyé au laboratoire pour analyse.
L’enjeu pour le Nord-Kivu est désormais de transformer cet essai technique en une réussite industrielle durable, capable de stabiliser une zone longtemps marquée par les défis sécuritaires.