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RDC : le conseil national de cyberdéfense sous le feu des critiques pour « dérives graves »

L’ONG Justicia Asbl dénonce un système de répression orchestré par le Conseil national de cyberdéfense (CNC). Entre enlèvements massifs et détentions dans des lieux secrets, l’organisation appelle à la dissolution immédiate de ce service rattaché à la Présidence de la République.

Initialement conçu pour protéger l’espace numérique congolais et contrer les cyberattaques, le Conseil national de cyberdéfense (CNC) aurait radicalement dévié de sa mission. Dans un communiqué cinglant transmis à la presse, l’organisation de défense des droits humains Justicia Asbl dresse un portrait sombre de cette structure. Elle y voit désormais l’outil principal de la traque des voix dissidentes : opposants, journalistes et activistes.

Les accusations portées par l’ONG sont d’une ampleur inédite. Justicia Asbl affirme que le CNC serait responsable de l’enlèvement de plus de 10 000 personnes. Le mode opératoire décrit témoigne d’une volonté d’opacité totale :

Lieux de détention informels : les victimes seraient séquestrées dans des résidences privées ou des chambres d’hôtel.
Privation de droits : détenus au secret, les captifs seraient privés d’accès à leurs avocats, à leurs familles et à leur juge naturel.
Conditions inhumaines : l’ONG évoque des actes de torture, citant notamment le cas récent d’un journaliste-caméraman de Lubumbashi, transféré à Kinshasa après un passage en camp militaire.

Face à ce qu’elle qualifie de « service oppresseur », Justicia Asbl ne se contente plus de dénoncer. Elle sollicite l’intervention de la communauté internationale, notamment l’Union européenne, l’ONU et les États-Unis, pour exiger la suppression pure et simple du CNC.

« Le CNC est aujourd’hui perçu comme le bras séculier de la répression », martèle l’organisation, rappelant que même des personnalités comme Maître Paul Ramazani ont été ciblées par ces méthodes brutales.

Alors que les signalements de disparitions forcées se multiplient dans la capitale, la pression monte sur les autorités congolaises pour faire la lumière sur les activités réelles de ce service de renseignement rattaché à la plus haute fonction de l’État.