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Société

RDC : les habitants d’Uvira redoutent le retour des « Wazalendo et FARDC » après l’annonce du retrait du M23

Moins d’une semaine après avoir pris le contrôle de la ville stratégique d’Uvira, les rebelles de l’AFC-M23 ont annoncé leur désengagement ce mardi 16 décembre. Mais dans les rues de ce port du lac Tanganyika, l’espoir d’une désescalade se mêle à une peur profonde : celle de voir revenir les milices progouvernementales et le chaos sécuritaire.

L’annonce du retrait des éléments de l’AFC-M23 n’est pas le fruit d’une défaite militaire, mais d’une pression diplomatique directe de Washington.

Cependant, ce départ annoncé laisse un vide immense. Pour les habitants d’Uvira, le souvenir de la coalition gouvernementale (FARDC et milices Wazalendo) est marqué par l’insécurité. Avant la chute de la ville le 10 décembre, les exactions, les taxes illégales et les affrontements internes entre soldats et miliciens étaient quotidiens. 

« Quand ils étaient là, ça tirait chaque nuit », témoigne un résident, notant paradoxalement une forme de discipline et le rétablissement des services de base (eau, électricité) sous l’occupation rebelle.

L’AFC-M23 ne compte pas partir sans garanties. Le groupe exige désormais : la démilitarisation complète d’Uvira, le déploiement d’une force neutre (problématique depuis le départ de la Monusco en juillet dernier) et un mécanisme de protection des civils, notamment pour la minorité tutsie, souvent prise pour cible.

L’enjeu du contrôle d’Uvira dépasse la simple administration urbaine. En deux semaines, les combats et la peur des massacres ont jeté sur les routes plus de 500 000 déplacés au Sud-Kivu. Parmi eux, 85 000 ont franchi la frontière avec le Burundi, s’entassant dans des camps de fortune.

Alors que le calme règne pour l’instant, l’incertitude demeure : qui assurera la sécurité demain ? Pour beaucoup d’habitants, le spectre d’une « vengeance aveugle » des groupes armés après le retrait des éléments de l’AFC-M23 est aujourd’hui la menace la plus tangible.