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Goma : La population étouffée par des frais de retrait exorbitants chez certains agents de Mobile Money

Depuis la prise de la ville de Goma par l’Alliance du fleuve Congo (AFC)-M23, une pratique commerciale illégale et très pénalisante s’est installée chez certains agents de services de monnaie mobile. Des clients dénoncent être contraints de verser jusqu’à 10% du montant retiré pour accéder à leurs fonds, une situation qui met sous pression le pouvoir d’achat de la population. 

Plusieurs Congolais rencontrés ce mardi 11 février dans la ville ont exprimé leur indignation face à ces frais non officiels.

« Sur une somme de 100 dollars, le client est contraint de donner 10 dollars américains lors du retrait », a déploré un habitant, évoquant une double pénalité, puisque ces frais s’ajoutent aux pourcentages déjà prélevés électroniquement par les opérateurs de réseau (Airtel, Orange, Vodacom et Africel).

À cette surcharge sur le retrait s’ajoute une spéculation sur le taux de change. Pour les transactions en Francs Congolais (FC), les agents véreux imposent un taux de 2400 FC, voire 2500 FC, le dollar, alors que le taux officiel est plus avantageux pour le consommateur. Ce mécanisme illicite permet de soutirer « au moins 2 à 3000 FC par dollar », transformant chaque opération en une perte sèche pour le client.

Les agents évoquent la pénurie de liquidités

Interrogés sur les raisons de cette hausse, certains agents revendeurs affirment que la situation est la conséquence directe de la non-circulation de l’argent liquide en ville et de la difficulté, voire l’impossibilité, de se réapprovisionner auprès des institutions bancaires.

 « Les francs et les dollars ne circulent pas, nous achetons aussi les francs, car les banques ne fonctionnent pas. Beaucoup d’argent sont freinés dedans », a précisé un agent, sous couvert d’anonymat, justifiant ainsi le besoin de compenser le coût d’acquisition des liquidités. 

 Il est à noter que cette pratique tarifaire n’est pas généralisée. Des témoignages confirment que, si certains points de transaction appliquent strictement ces 10% de frais, d’autres continuent d’opérer sans exiger ces surcharges illégales.