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Société

Situation politique en RDC : à Goma, la population oscille entre appel au dialogue et exigence d’une ligne dure face à Kinshasa

Dans les rues de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, la tension politique et l’incertitude quant à l’avenir du pays sont sur toutes les lèvres. Un micro-trottoir (vox pop) réalisé ce 4 octobre auprès de diverses couches de la société locale, des étudiants aux mamans commerçantes en passant par les acteurs de la société civile, révèle un ras-le-bol généralisé, combiné à des attentes très claires vis-à-vis des acteurs politiques du pays. 

Pour la majorité des citoyens interrogés dans la capitale du Nord-Kivu par votre rédaction, la priorité absolue reste la stabilité et la préservation de la paix. Étudiants et commerçantes s’accordent à dire que la voie des urnes et de la négociation doit prévaloir pour résoudre l’impasse politique actuelle en République Démocratique du Congo.

Cependant, ce soutien au dialogue s’accompagne d’un avertissement ferme. Si le président Félix Tshisekedi ne fait pas preuve d’une volonté réelle d’engager des pourparlers sincères et d’apporter des solutions concrètes aux crises qui secouent le pays, la population estime que le Front pour la Réfondation de la Nation (FRN), mené par l’ancien président Joseph Kabila, devra prendre ses responsabilités.

Joseph Kabila à Goma, lors de la consultation populaire bien avant création du FRN

La controverse autour de la Constitution au cœur des griefs

L’élément déclencheur de cette exaspération populaire réside dans les récentes prises de position de Félix Tshisekedi concernant la Constitution congolaise. Ses déclarations affirmant son rejet du texte constitutionnel et son intention déclarée d’en combattre certaines dispositions ont été perçues à Goma comme une dérive autoritaire et une irresponsabilité notoire.

Sur place, nombreux sont ceux qui qualifient ces propos d’irresponsables et d’acte de haute trahison envers le pacte républicain :

  • Inquiétude des étudiants : Ils voient dans cette remise en cause constitutionnelle une menace directe contre les acquis démocratiques du pays.
  • Colère des commerçantes : Elles déplorent l’instabilité économique induite par les tensions politiques quotidiennes et le manque de vision claire du pouvoir central, ayant même conduit à la fermeture des banques.

Joseph Kabila perçu comme un recours face à la crise

Face à ce que beaucoup à Goma qualifient de forfaiture institutionnelle et de dérive tyrannique du régime de Kinshasa, le nom de Joseph Kabila revient avec force. Plus qu’un simple acteur politique du passé, l’ancien chef de l’État et président du FRN est aujourd’hui perçu par une tranche significative de la population comme une figure capable de restaurer l’ordre constitutionnel et de conduire la lutte jusqu’à la capitale si les voies diplomatiques échouent.

La population de Goma reste suspendue aux prochaines évolutions politiques, oscillant entre l’espoir d’un sursaut diplomatique et la détermination à voir s’installer un leadership à la hauteur des enjeux nationaux.