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Agriculture

Éditorial : Kahunga, grenier d’espoir au cœur de Rutshuru (Nord-Kivu)

Dans un territoire de Rutshuru souvent associé à l’insécurité et aux multiples défis humanitaires, Kahunga apparaît comme une lumière d’espérance. Ce village, situé entre 5 et 10 kilomètres au nord de Kiwanja sur la route nationale numéro 2 (entre Goma et Butembo), est bien plus qu’un simple coin de terre fertile : il est devenu, au fil des saisons, un véritable grenier agricole dont dépendent des centaines de familles pour leur survie.

Chaque saison agricole, des habitants avec des trottinettes (Chukudu), des vélos et des motos qui y cultivent, transportent en retour des sacs de haricots, de maïs, de soja et quelques sacs de maniocs depuis Kahunga jusque dans leurs habitations à Kiwanja, Katoro et Kinyandonyi. 

Pour certains, envie d’être consommés ou même de se vendre sur les marchés locaux et ailleurs comme Goma et Butembo. Cette dynamique agricole témoigne non seulement de la générosité de la terre, mais aussi du courage de ces hommes et femmes cultivateurs qui, malgré les tensions sécuritaires et l’abandon des politiques publiques depuis quelques années, continuent à cultiver, à récolter et à nourrir la région.

Kahunga est un exemple vivant de la résilience rurale. C’est dans ce bassin de production que l’on comprend l’importance de soutenir l’agriculture locale comme moteur de stabilité et de développement. Mais combien de temps cela pourra-t-il durer sans accompagnement réel ?

L’absence d’infrastructures agricoles vers l’intérieur surtout avec l’enclavement des petites routes de ralliement vers la grande route nationale numéro 2 (pour rallier Kahunga à Kalindi, domaine, Kitimbo, Mugomba,…..) des lieux où sont situés les champs des agriculteurs, le manque d’encadrement technique et quelques cas d’insécurité (le kidnapping des agriculteurs en grande partie pendant la période de récolte des produits agricoles) menacent de compromettre ce miracle silencieux.

Aujourd’hui, l’avenir de Kahunga interpelle les autorités, les partenaires humanitaires, les ONG et même les citoyens consommateurs. Il est temps de reconnaître et de protéger ce bassin de production qui sauvent des vies, allègent la faim et offrent une alternative crédible à l’exode rural et à la dépendance alimentaire.Protéger Kahunga, c’est investir dans l’autonomie de Rutshuru. 

C’est bâtir la paix à partir du champ, de la houe, de la graine. C’est faire le pari que le développement est encore possible, même dans les coins les plus oubliés, lorsque l’on décide de valoriser ce qui nourrit au quotidien.

À Kahunga, il n’y a pas que des vivres : il y a aussi la promesse d’un avenir meilleur.