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RDC : expansion inédite de la menace ADF vers le nord, l’ONU appelle à une action coordonnée

Le groupe armé Allied Democratic Forces (ADF), affilié à l’organisation État islamique, étend son aire d’influence dans l’est de la République démocratique du Congo, touchant désormais la province du Haut-Uélé. Face à une recrudescence massive des enlèvements et des massacres, le nouveau chef de la Monusco, James Swan, a plaidé lundi pour une réponse sécuritaire et humanitaire renforcée.

Le visage de la terreur change en République démocratique du Congo. Selon le Baromètre sécuritaire du Kivu (KST), les Allied Democratic Forces (ADF) ne se contentent plus de leurs zones d’influence habituelles : ils viennent de faire une entrée fracassante dans la province du Haut-Uélé, aux confins du Soudan du Sud.

Le territoire de Mambasa est devenu, en l’espace de quelques semaines, le cœur battant de cette instabilité. Le bilan est lourd : plus de 100 civils ont été fauchés en un mois. Mais au-delà des tueries, c’est une véritable « industrie de l’enlèvement » qui s’est mise en place. Avec plus de 400 rapts enregistrés, les ADF asphyxient les familles en exigeant des rançons colossales, allant de 2 500 à 10 000 dollars, transformant la captivité en levier financier.

Cette expansion vers l’ouest et le nord souligne un paradoxe sécuritaire. L’opération conjointe « Shujaa », menée par les armées congolaise et ougandaise depuis 2021, semble avoir poussé les rebelles à se disperser plutôt qu’à déposer les armes. En fuyant la pression militaire, les combattants s’enfoncent dans de nouvelles zones forestières, exportant l’insécurité vers la Tshopo et le Haut-Uélé.

Face à cette mutation, la réponse ne peut plus être uniquement frontale. En visite à Béni ce lundi, le nouveau chef de la Monusco, James Swan, a martelé l’urgence d’une « action coordonnée ». Pour le diplomate onusien, la protection des populations ne se jouera pas seulement sur le terrain militaire. Elle passera par un renforcement de l’autorité de l’État et un soutien accru aux victimes.