Urgence humanitaire en Ituri : les personnes handicapées réclament une protection et un accès aux services accrus
La communauté handicapée dénonce une réalité quotidienne marquée par la précarité, la discrimination et une vulnérabilité accrue face à l'insécurité.
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À l'occasion de la Journée internationale des personnes handicapées (PVH) célébrée le 3 décembre, les associations de la ville de Bunia, en Ituri, ont lancé un appel pressant aux autorités pour un renforcement immédiat de leur protection et une amélioration de leur accès aux services essentiels. La communauté handicapée dénonce une réalité quotidienne marquée par la précarité, la discrimination et une vulnérabilité accrue face à l'insécurité. 

Roger Kaviavu, président de la structure représentant les PVH en Ituri, a insisté sur la nécessité pour l'État de les traiter avec "dignité et considération" afin de garantir leur pleine intégration sociale et leur autonomisation. Il a dressé un tableau sombre des défis majeurs auxquels sont confrontés ses membres :  le manque criant de moyens de déplacement adaptés entrave fortement leur autonomie, le scepticisme de certains parents quant à l'importance d'instruire un enfant handicapé, ainsi que la discrimination à l'embauche reste un obstacle majeur. 

« J’ai été écarté tout simplement parce que je suis handicapé », a-t-il témoigné, illustrant cette exclusion systémique. 

Cette absence de mobilité se révèle particulièrement tragique dans le contexte d'insécurité qui sévit en Ituri. Les PVH sont, de ce fait, les premières victimes lors des incursions des groupes armés.

S'appuyant sur sa béquille, Anita Tabay a témoigné de son impuissance face aux attaques répétées : 

« Les personnes handicapées, parfois, ne peuvent pas se sauver lorsqu’il y a des attaques et souvent elles sont tuées facilement », a-t-elle déclaré, soulignant la tragique vulnérabilité sécuritaire de cette population.

Un Appel à la Résilience et à l'Inclusion

Malgré ces difficultés, des voix appellent à la résilience et à une meilleure reconnaissance. Grâce Furaha, amputée des deux pieds, a partagé son combat pour mener une vie pleine : 

« Je me sens à l’aise lorsque je joue au basket-ball. Cela donnera aussi, je l’espère, à d’autres personnes vulnérables comme moi, l’envie de venir nous rejoindre. » 

Cet appel réitéré par les associations de Bunia s'aligne sur les récentes déclarations de la ministre Esambo, qui avait appelé au respect de la dignité des personnes vivant avec un handicap. Les PVH de l'Ituri attendent désormais des actions concrètes de la part des autorités pour transformer ces promesses en une réalité de protection et d'inclusion. 


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