Rutshuru : le cri d'alarme des motards face à la flambée du carburant à Kiwanja
À Kiwanja, dans le territoire de Rutshuru, faire le plein est devenu un véritable casse-tête. En l’espace de quelques jours seulement, le prix du litre de carburant a bondi sur le marché local, passant de 3 000 FC à une fourchette oscillant entre 3 500 FC et 4 000 FC.
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À Kiwanja, dans le territoire de Rutshuru (Nord-Kivu), le prix du litre d’essence grimpe en flèche. Entre une conjoncture internationale tendue et des revenus qui stagnent, les transporteurs locaux, pris

En l'espace de quelques jours, le marché pétrolier local s'est emballé. Alors qu'il se négociait encore à 3 000 FC la semaine dernière, le litre de carburant s'échange aujourd'hui entre 3 500 FC et 4 000 FC chez les revendeurs de Kiwanja. Chez les grossistes, l'augmentation est tout aussi spectaculaire : le bidon de 20 litres est passé de 47 000 FC à près de 60 000 FC.

Si le prix du carburant « prend l'ascenseur », celui de la course, lui, reste désespérément cloué au sol. Les clients, souvent peu au fait de la réalité du marché, exigent toujours les mêmes tarifs, laissant les conducteurs de taxi-motos (motards) supporter seuls le surcoût.

« Nous travaillons tant bien que mal, mais nous ne gagnons presque rien », confie Martin Kokodikoko, un transporteur local. « Entre le prix de l'essence qui explose, les exigences des clients qui refusent de payer plus de 500 francs, et les patrons qui attendent leur versement journalier sans tenir compte de la situation, il ne nous reste rien pour nourrir nos familles. »

Pour ces travailleurs de l'ombre, l'équation devient impossible. Sur une recette de 15 000 FC, la part consacrée au carburant réduit la marge bénéficiaire à une peau de chagrin, mettant en péril la survie de nombreux foyers.

Cette instabilité locale trouve ses racines bien au-delà des frontières congolaises. Les analystes pointent du doigt la dégradation sécuritaire au Moyen-Orient. Les tensions entre Israël, les États-Unis et l'Iran ont paralysé une partie du trafic maritime mondial.

Le blocage stratégique du détroit d'Ormuz, point de passage névralgique pour les pétroliers en provenance d'Asie, crée une onde de choc pétrolière qui se répercute jusque dans l'est de la République Démocratique du Congo.


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