Dans le sud du territoire de Rutshuru, l’école ne semble plus être une certitude, mais un défi quotidien. Dans le groupement de Kisigari, le système éducatif s'enfonce dans une crise silencieuse : près de la moitié des parents d'élèves se retrouvent aujourd'hui dans l'incapacité totale d'honorer les frais de scolarité de leurs enfants.
Cette impasse financière ne doit rien au hasard. Elle est le résultat d'un engrenage dramatique où se mêlent une insécurité persistante et une terre qui ne nourrit plus son homme. Pour ces familles qui dépendent exclusivement de l'agriculture, la dernière campagne agricole a été catastrophique. Entre les récoltes dérisoires et l’instabilité de la région, les revenus se sont envolés, transformant chaque frais scolaire en un poids insupportable.
Sur le terrain, l'inquiétude gagne les salles de classe. Les chefs d’établissements voient leurs moyens de fonctionnement se tarir et redoutent une paralysie totale des activités pédagogiques.
Le risque est clair : voir des centaines d'enfants déscolarisés par simple manque de moyens. Face à cette urgence, les responsables scolaires lancent un cri d’alarme et appellent à une solidarité immédiate pour sauver ce qui peut encore l’être et préserver l'avenir d'une jeunesse déjà durement éprouvée.