RDC-Rwanda : Kigali rejette la main tendue de Félix Tshisekedi et renvoie la responsabilité de la crise à Kinshasa
Le ton est monté d’un cran entre Kigali et Kinshasa après le discours du président congolais Félix Tshisekedi au Global Gateway Forum, dans lequel il appelait à la paix et tendait la main au Rwanda pour une sortie de crise dans l’Est de la RDC. Le Rwanda, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, a sèchement réagi, rejetant toute responsabilité dans la détérioration des relations entre les deux pays.
Dans une publication sur le réseau X (ex-Twitter), le chef de la diplomatie rwandaise a estimé que « le seul à pouvoir arrêter cette escalade est le président Tshisekedi, et lui seul ». Selon lui, le dirigeant congolais serait à l’origine de la tension actuelle entre les deux États voisins, en raison de ce qu’il qualifie d’« attitude belliqueuse et provocatrice ».
Le ministre rwandais accuse le président congolais de tenir des « menaces publiques d’invasion du Rwanda et de bombardement de Kigali », mais aussi d’« insulter le président Kagame ». Il ajoute que Kinshasa doit cesser de soutenir les FDLR, un groupe armé rwandais composé d’éléments accusés d’avoir participé au génocide de 1994.
« Il peut le faire en cessant de soutenir les génocidaires FDLR, en les expulsant de son armée et en les neutralisant, comme l’exige l’Accord de Paix de Washington », écrit Olivier Nduhungirehe, avant d’appeler Félix Tshisekedi à désarmer la milice Wazalendo, accusée de “discours de haine et de persécutions contre les Congolais tutsi”.
Le diplomate rwandais dénonce également le recours présumé du gouvernement congolais à des troupes étrangères, notamment burundaises et à des mercenaires, ce qu’il qualifie de « violation flagrante » des engagements internationaux. Il condamne aussi les « bombardements quotidiens » attribués à l’armée congolaise dans les zones peuplées de l’Est du pays, qu’il juge contraires aux accords de paix signés à Washington et à Doha.
Enfin, Olivier Nduhungirehe estime que le président congolais « abuse des tribunes internationales » pour « accuser faussement » le Rwanda et se présenter en victime d’un conflit dont il serait, selon lui, le principal instigateur. Il qualifie cette attitude de « comédie politique ».
Cette réaction ferme du Rwanda intervient alors que Kinshasa multiplie les appels au dialogue pour mettre fin aux hostilités liées à la situation sécuritaire qui prévaut dans sa partie Est où le l’AFC-M23, mouvement politico-militaire accusé par Kinshasa et les rapports de l’ONU, d’être soutenu par Kigali. Une accusation que le Rwanda a toujours rejetté catégoriquement. La tension diplomatique entre les deux capitales reste donc vive, malgré les appels répétés de la communauté internationale à la désescalade.