L’Est de la République démocratique du Congo s’enfonce dans une nouvelle dimension de l’horreur. Entre drones de combat et artillerie lourde, l’ONU alerte sur un usage systématique d’armes explosives en zones urbaines, transformant les quartiers habités en champs de bataille.Lors d’un dialogue interactif à Genève, Nada Al-Nashif, Haut-Commissaire adjointe aux droits de l’homme, a dressé un bilan noir de la situation sécuritaire.
Lors d’un dialogue interactif à Genève, Nada Al-Nashif, Haut-Commissaire adjointe aux droits de l’homme, a dressé un bilan noir de la situation sécuritaire. En février dernier, une trentaine de raids aériens et de frappes de drones ont été recensés, un sommet historique selon l’ONG ACLED. Cette « guerre à distance » ne connaît plus de frontières. À Goma, une frappe a récemment coûté la vie à une collaboratrice de l’UNICEF, tandis qu’à Kisangani, les attaques contre l’aéroport civil propagent la panique loin des zones de conflit habituelles.
Derrière la technologie, le décompte des victimes est effroyable. Entre octobre et février, l’ONU a enregistré plus de 2 500 abus touchant près de 6 800 personnes. Exécutions sommaires, violences sexuelles et déplacements forcés sont le quotidien des provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri. Tous les belligérants opérant dans ces provinces, sont cités par l'ONU comme auteurs de cette dégradation de la situation sécuritaire.
Face à ce chaos, le Haut-Commissariat aux droits de l'homme tire la sonnette d'alarme, soulignant que les moyens manquent. Faute de financement, aucun expert médico-légal n’a pu être déployé pour enquêter sur les massacres. La MONUSCO a, de son côté, perdu plus du tiers de ses effectifs dédiés aux droits humains.
Le cri du cœur de l’ONU est clair : sans une pression diplomatique maximale sur les acteurs régionaux et un financement d'urgence, la population congolaise restera la cible impuissante d'un conflit qui se modernise au mépris du droit international.