L'épidémie d’Ebola franchit un nouveau cap critique en République démocratique du Congo. Avec la confirmation d’un premier décès dans le Bas-Uele, le virus touche désormais six provinces du pays, poussant l’Organisation mondiale de la santé à orchestrer d'urgence une stratégie de riposte transfrontalière depuis Bangui.
La détection de ce cas mortel lié à la souche Bundibugyo dans la zone de santé de Buta, la 54ᵉ touchée depuis le début de la crise, marque une progression inquiétante du virus vers le nord. Selon le CDC Afrique, la victime aurait contracté la maladie lors d'un déplacement depuis la province voisine du Haut-Uele. Cette nouvelle contamination porte à six le nombre de provinces affectées, rejoignant l’Ituri, toujours considéré comme l’épicentre, ainsi que le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Haut-Uele et la Tshopo.
Sur le terrain, la situation sanitaire demeure particulièrement lourde. Le dernier bilan fait état de 4 665 cas confirmés et 2 184 décès, soit un taux de létalité de 46 %, tandis que 965 patients ont pu être guéris. Face au danger, les équipes communautaires poursuivent sans relâche les inhumations sécurisées depuis les centres de traitement, à l'image de celui de Rwampara en Ituri, pendant que les agents de santé maintiennent un suivi des contacts à hauteur de 84 %.
C’est la proximité immédiate du Bas-Uele avec la République centrafricaine qui alerte désormais la communauté internationale. Afin d'éviter que le virus ne franchisse les frontières, le directeur régional de l’OMS pour l’Afrique, le Dr Mohamed Janabi, a réuni à Bangui les autorités sanitaires de cinq pays voisins : la RDC, la Centrafrique, l’Ouganda, le Soudan du Sud et la République du Congo.
L'objectif de cette rencontre de haut niveau est de verrouiller la coordination transfrontalière et de stopper net la propagation régionale de l'épidémie.