Grands Lacs : le Groupe de Contact International (GCI) exige un plan d’action rapide pour le désarmement des FDLR
Face aux récents développements sécuritaires en République démocratique du Congo (RDC), les puissances occidentales et l’Union européenne appellent Kinshasa à concrétiser la neutralisation de la rébellion armée FDLR, tout en rappelant la stricte interdiction de toute collaboration.
Dans une déclaration conjointe publiée sous la présidence de la France, les membres du Groupe de contact international (GCI) pour la région des Grands Lacs, incluant notamment les États-Unis, la Belgique, le Canada, le Royaume-Uni et l’Union européenne, ont réagi à la signature d’un protocole d’accord entre Kinshasa et la rébellion hutu rwandaise des FDLR-FOCA.
Tout en actant cette avancée, la diplomatie internationale attend désormais des actes concrets et mesurables sur le terrain.
Si le GCI indique qu’il « prend bonne note de l’annonce faite, selon laquelle une faction des FDLR a formellement accepté et signé un protocole relatif à leur désarmement », il insiste sur l’urgence d’une feuille de route opérationnelle.
Les diplomates exhortent fermement les autorités congolaises à fixer un cadre précis :
« Le GCI exhorte les autorités congolaises à élaborer rapidement un plan opérationnel ainsi qu’un calendrier réaliste afin de mettre en œuvre une neutralisation effective des FDLR, conformément aux obligations souscrites dans les accords de Washington… »
Le communiqué insiste également sur la nécessité de préciser les volets judiciaires et d’impliquer les casques bleus, tout en posant une ligne rouge très claire sur les alliances de circonstance :
« Le GCI souligne en outre que toute colocalisation ou collaboration opérationnelle avec des éléments des FDLR est fondamentalement incompatible avec les engagements pris dans le cadre des accords de Washington. »
Au-delà de la question des FDLR, le Groupe de contact international s’est penché sur la dynamique globale de désescalade dans la région. Il a notamment salué les récentes avancées facilitées par la Croix-Rouge concernant les libérations de captifs entre Kinshasa et le mouvement AFC/M23.
« Le GCI reconnaît également que l’accord d’échange de prisonniers entre la RDC et l’AFC/M23 constitue une mesure essentielle de renforcement de la confiance visant à réduire les tensions et à instaurer la confiance entre les parties belligérantes. »
Enfin, face à la détérioration continue de la situation humanitaire dans l’Est de la RDC, les membres du GCI ont tenu à rappeler à l’ensemble des acteurs armés et étatiques leurs obligations d’urgence.
Le groupe « appelle également toutes les parties à respecter leurs obligations en matière de droit international humanitaire total, sûr et sans entrave » aux populations civiles durement touchées par les combats.