Économie de guerre à Butembo : le plaidoyer de la dernière chance de la FEC
Depuis des mois, les opérateurs économiques du Nord-Kivu et de l’Ituri naviguent en eaux troubles. Entre les embuscades sur les axes routiers vitaux, les pillages à répétition et une consommation locale en chute libre, le tissu entrepreneurial se déchire.
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Face à une insécurité qui asphyxie le Grand Nord-Kivu, la Fédération des Entreprises du Congo (FEC) exige un plan de sauvetage étatique. Allègements fiscaux et indemnisations sont au cœur des revendications pour éviter un effondrement total.

Le constat est sans appel : l’économie de Butembo est en soins intensifs. Ce lundi 12 janvier 2026, Polycarpe Ndivito, président local de la FEC, est sorti de sa réserve lors d'un point de presse pour dénoncer l'agonie du secteur privé dans une région broyée par les conflits armés.

Depuis des mois, les opérateurs économiques du Nord-Kivu et de l’Ituri naviguent en eaux troubles. Entre les embuscades sur les axes routiers vitaux, les pillages à répétition et une consommation locale en chute libre, le tissu entrepreneurial se déchire.

« Le secteur privé ne peut pas survivre seul dans un contexte d’insécurité permanente », a martelé Polycarpe Ndivito.

Pour la FEC, il ne s'agit plus de simples difficultés passagères, mais d'une menace existentielle pour les entreprises qui, malgré les crises successives, constituaient jusqu'ici le dernier rempart contre le chômage de masse.

Pour stopper l’hémorragie, le patronat local ne se contente pas de mots ; il soumet au gouvernement congolais deux exigences concrètes :

L'allègement fiscal : une bouffée d’oxygène jugée indispensable pour des structures privées de revenus mais toujours soumises à la pression fiscale.

L'indemnisation symbolique : la FEC réclame la compensation de 10 % de la valeur des biens perdus lors des troubles. Une mesure perçue comme un levier psychologique et financier crucial pour amorcer la reprise.

« L'intervention de l'État est indispensable pour sauver les entreprises et préserver les emplois », a-t-il insisté 

L’appel de Butembo sonne comme un test pour Kinshasa. Au-delà de la sécurisation physique des territoires, c'est le rôle de l'État « partenaire » qui est ici invoqué. En l'absence d'une réponse rapide, la crainte d'un effondrement définitif des échanges commerciaux dans l'Est plane plus que jamais, menaçant de plonger la population dans une précarité encore plus profonde.


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