Un an après les tensions qui avaient marqué la capitale congolaise, la ministre française Éléonore Caroit a entamé dimanche une visite officielle de plusieurs jours. Entre accords énergétiques et batailles d’influence pour le leadership de la Francophonie, ce déplacement marque le retour d’un dialogue approfondi entre la France et la RDC.
Le contraste est frappant. Là où Jean-Noël Barrot n’avait effectué qu’une escale express en janvier 2025, dans une ville encore meurtrie par des manifestations anti-françaises, Éléonore Caroit, ministre française déléguée en charge de la Francophonie, des partenariats internationaux et des Français de l’étranger, mise sur le temps long. Arrivée ce 1er février, la ministre déléguée en charge de la Francophonie et des Partenariats internationaux entend bien « consolider » un axe Paris-Kinshasa parfois chahuté.
Le ton a été donné dès ce lundi 2 février avec la signature d'un protocole d'entente sur le méga-projet hydroélectrique d’Inga confirme que la coopération économique reste le socle de cette relation. Mais derrière les enjeux énergétiques, c'est une partie d’échecs diplomatique qui se joue en coulisses.
Le point de friction et d'ambition se nomme l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). La RDC a officiellement jeté son dévolu sur la tête de l’organisation pour le prochain sommet au Cambodge. En se portant candidat, le géant congolais s'oppose frontalement à un troisième mandat de la Rwandaise Louise Mushikiwabo.
Pour Kinshasa, la présence prolongée d'Éléonore Caroit est une occasion en or : celle de convaincre la France de peser de tout son poids diplomatique en faveur du candidat congolais. Reste à savoir si Paris est prêt à trancher dans ce duel d’influence entre les deux pays des Grands Lacs.