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Lubero : la société civile alerte sur une dégradation inquiétante de la sécurité

La Coordination de la société civile Forces Vives du territoire de Lubero (Nord-Kivu) alerte une nouvelle fois sur la détérioration rapide de la situation sécuritaire dans plusieurs localités du territoire. Dans un communiqué publié vendredi 21 novembre 2025, à la suite d’une réunion tenue le 19 novembre au foyer social de Musienene, les acteurs locaux dressent un tableau sombre de l’évolution sécuritaire, sociale et humanitaire.

Attaques meurtrières attribuées aux ADF

Selon le rapport présenté, les attaques répétées attribuées aux combattants ADF ont vidé plusieurs villages du secteur des Bapere et de la chefferie des Baswagha. Depuis la nuit du 8 septembre, plus de 288 civils ont été tués et plusieurs enlèvements signalés, poussant des milliers d’habitants à fuir vers des zones jugées plus sûres.

Confusion croissante entre ADF et groupes Wazalendo

La société civile dénonce également l’implication de certains groupes Wazalendo dans des exactions similaires à celles attribuées aux ADF. Dans plusieurs villages, des cas de tueries, viols, pillages et enlèvements sont rapportés dans des zones qu’ils contrôlent pourtant. Elle souligne aussi la circulation incontrôlée d’armes de guerre, qui favorise l’insécurité et l’exploitation illégale de minerais, de bois et d’autres produits de contrebande.

Routes impraticables et services sociaux paralysés

L’état de délabrement avancé des routes de desserte agricole complique davantage la survie des communautés. Sur l’axe Butembo-Mangurejipa, la prolifération de barrières illégales où s’opèrent des taxes arbitraires est aussi dénoncée.

La situation humanitaire se dégrade : 90 % des écoles et centres de santé des zones affectées sont fermés, privant les populations déplacées d’accès à l’éducation, aux soins et à l’assistance essentielle.

La société civile adresse une série de recommandations :

Au Gouvernement central :

Sanctionner les responsables de crimes et violations des droits humains.

Renforcer les opérations militaires et la logistique contre les ADF.

Doter les services de renseignement de moyens adéquats.

Au Gouvernement provincial et aux FARDC Grand Nord :

Organiser d’urgence un dialogue communautaire sur l’axe Butembo–Mangurejipa.

Retirer sans condition les groupes Wazalendo des zones densément peuplées.

Déplacer leurs positions proches des écoles. Assister les populations déplacées.

Réglementer la pêche sur le lac Édouard pour mettre fin aux abus.

À la Justice militaire :

Poursuivre les auteurs de crimes, qu’ils soient issus de groupes armés ou de forces régulières.

Le président de la Coordination, Muhindo Tafuteni Waleyi, appelle les autorités civiles et militaires à une action urgente et coordonnée pour empêcher une détérioration supplémentaire.

La Société civile rappelle que la stabilisation de Lubero est indispensable pour la reprise des activités scolaires, sanitaires et économiques.