RDC : le gouvernement suspend les activités du mouvement « Sauvons la RDC » de Joseph Kabila
Le gouvernement de la République démocratique du Congo a haussé le ton contre l’ancien Chef de l’État Joseph Kabila, ordonnant la suspension immédiate des activités de son nouveau mouvement politique, « Sauvons la RDC », sur l’ensemble du territoire national. Cette décision, qui fait suite à une mesure similaire visant son ancien parti, le PPRD, marque un nouveau durcissement dans les relations entre le pouvoir actuel et l’opposition kabiliste.
L’instruction a été donnée par le Vice-Premier Ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, dans un télégramme daté du lundi 1ᵉʳ décembre (2025). Le message, adressé aux gouverneurs de provinces et à toutes les autorités compétentes, est sans équivoque : les activités de « Sauvons la RDC » sont suspendues.
Le VPM Shabani a par ailleurs menacé de sanctions toute autorité qui ne respecterait pas ou n’appliquerait pas cette mesure sur son territoire. Le mouvement « Sauvons la RDC » est né des conclusions d’un conclave de forces politiques et sociales organisé sous la présidence de Joseph Kabila, à Nairobi, au Kenya, du 14 au 15 octobre dernier.
Les participants, qui s’étaient réunis pour discuter de « l’avenir du Congo », avaient dressé un diagnostic « alarmant » de la situation du pays, dénonçant une « crise multiforme » marquée par des dérives politiques, économiques et sociales. Leur déclaration finale accusait ouvertement le pouvoir en place d’avoir : violé la Constitution, restreint l’espace démocratique et instrumentalisé la justice à des fins politiques.
Le conclave avait appelé à un dialogue inclusif et sincère, parrainé par la Cenco et l’ECC, tout en rejetant tout « monologue politique » initié par le Président Félix Tshisekedi. Cette nouvelle suspension intervient peu après celle des activités du Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD), l’ancien parti de Kabila, qui est soupçonné par le gouvernement d’être en intelligence avec la rébellion AFC/M23.
Le Front Commun pour le Congo (FCC), la plateforme politique de l’ancien président, a catégoriquement rejeté ces mesures. Dans un communiqué du mardi 28 octobre 2025, signé par Raymond Tshibanda, le FCC a dénoncé :
Une décision inconstitutionnelle et arbitraire.
Une instrumentalisation « éhontée » de la justice et de l’administration.
Un « acharnement féroce » contre tout ce qui représente le combat politique de Joseph Kabila.
Pour le FCC, ces suspensions traduisent une volonté de règlement de comptes politiques et s’attaquent au symbole de « souveraineté, de stabilité et de dignité nationale » qu’incarne Joseph Kabila.