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Société

Nord-Kivu : plus de 500 enfants enrôlés dans des groupes armés à Lubero, un appel urgent à l’action

La situation sécuritaire dans le territoire de Lubero, au Nord-Kivu, prend une tournure alarmante. Selon des révélations d’une organisation locale de la société civile, plus de 500 enfants seraient actuellement associés à des groupes armés actifs dans la région, un chiffre qui soulève de graves préoccupations quant à la protection de l’enfance.

Un chiffre accablant et la formation de « milices d’enfants »

Jean-Pierre Kakule Kavaketi, coordonnateur de Solidarité pour la promotion d’actions au développement (SOPROAD) et membre du sous-groupe protection de l’enfant de la société civile locale, a tiré la sonnette d’alarme.

Selon ses données, ce sont environ 584 enfants qui seraient associés aux différents groupes armés. Plus inquiétant encore, il signale l’existence de milices autonomes : 111 autres enfants se seraient regroupés pour former leurs propres structures armées dans certains villages.

Interrogé sur les raisons qui empêchent la démobilisation de ces jeunes combattants, le coordonnateur de SOPROAD pointe du doigt un manque de volonté et d’action concrète de la part des acteurs concernés. 

« Ce qui bloque la sortie de ces enfants des forces et groupes armés, c’est notamment le faible engagement des responsables de ces groupes, mais aussi le manque d’actions concrètes de la part des agences de protection de l’enfant et des membres du sous-groupe de protection », a-t-il déclaré. 

Face à l’urgence, Jean-Pierre Kakule Kavaketi a lancé un vibrant plaidoyer. Il appelle à un renforcement immédiat des efforts de sensibilisation, ciblant à la fois les chefs des groupes armés et les enfants eux-mêmes.

Il insiste également sur la nécessité de mobiliser les communautés pour mettre fin au recrutement. 

« Il faudrait renforcer la sensibilisation […], et renforcer les messages de rétention au sein des communautés pour casser le circuit de recrutement. Si cela était renforcé, cela pourrait réduire la présence des enfants dans les groupes armés », a-t-il conclu.

Cette vague d’enrôlement s’inscrit dans un contexte de crise sécuritaire grandissante au Nord-Kivu depuis plus de trois ans. L’instabilité a engendré la multiplication de milices d’autodéfense locales qui, selon certains activistes des droits humains, ont parfois recours au recrutement forcé d’enfants pour pallier le manque d’effectifs dans leurs rangs.