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RDC : 26,6 millions de Congolais risquent de souffrir d’insécurité alimentaire aiguë entre janvier et juin 2026 (IPC)

La situation alimentaire en République démocratique du Congo reste alarmante. D’après la dernière analyse du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), environ 26,6 millions de Congolais, soit près d’un quart de la population, risquent de souffrir d’insécurité alimentaire aiguë entre janvier et juin 2026, si aucune mesure urgente n’est prise.

Déjà, sur la période allant de septembre à décembre 2025, quelque 24,8 millions de personnes, représentant 21 % de la population, font face à la faim, dont 3,2 millions dans une situation d’urgence, un niveau proche de la famine. Trois territoires, notamment Djugu et Mambasa dans l’Ituri ainsi que Masisi au Nord-Kivu, sont déjà classés dans cette catégorie critique, où les déficits alimentaires sont sévères et la malnutrition aiguë très répandue.

Les causes de cette crise sont multiples. Le rapport de l’IPC évoque d’abord l’insécurité persistante dans l’est du pays, qui provoque des déplacements massifs et empêche l’accès aux champs, aux marchés et à l’aide humanitaire.

Près de 5,3 millions de personnes déplacées internes, majoritairement des femmes, vivent aujourd’hui dans une extrême précarité. À cela s’ajoutent la dégradation des routes, la pauvreté croissante et la faiblesse de la productivité agricole, autant de facteurs qui limitent la circulation des denrées et fragilisent davantage les ménages ruraux.

D’autres territoires, comme Lubero, Walikale, Kalehe, Fizi, Kongolo ou Moba, sont également sur le point de basculer dans la phase d’urgence.

L’analyse prévoit une aggravation de la crise au premier semestre 2026. L’arrivée de la saison maigre, la réduction de l’aide alimentaire et les inondations attendues pourraient faire grimper le nombre de personnes en insécurité alimentaire de près de deux millions supplémentaires.

Face à cette menace, le rapport appelle à une mobilisation immédiate. Il insiste sur la nécessité de restaurer la sécurité pour permettre le retour des déplacés et la reprise des activités agricoles. Il recommande également de renforcer l’aide humanitaire, de garantir des couloirs d’accès sûrs dans les zones de conflit et de soutenir les ménages les plus vulnérables à travers des programmes de protection sociale.