Kinshasa : Jean-Claude Katende dénonce le contrôle abusif des téléphones et l’extorsion de deux prêtres au rond-point Ngaba
L’acteur de la société civile Jean-Claude Katende tire la sonnette d’alarme sur des méthodes policières et sécuritaires qu’il juge « rétrogrades ». Dans une alerte publiée ce vendredi 6 novembre 2026 sur son compte X, le militant accuse des agents des services spéciaux positionnés au rond-point Ngaba d’effectuer des contrôles abusifs sur les passants.
Selon ses déclarations, ces agents procèdent systématiquement à la fouille des sacs et des téléphones portables. Les forces de l’ordre justifieraient ces opérations par la recherche d’effets militaires, mais également de messages et d’images jugés hostiles au chef de l’État, Félix Tshisekedi.
Ces méthodes ont franchi un cran supplémentaire ce jeudi 5 novembre avec l’interpellation de deux prêtres catholiques alors qu’ils se rendaient à leurs cours à Mont-Ngafula. L’abbé Emmanuel Nyamankuru, de l’archidiocèse de Bukavu, et l’abbé Lambert Museka, de l’archidiocèse de Kananga, ont été retenus par les forces de l’ordre. D’après les révélations de Jean-Claude Katende, les agents ont accusé l’abbé Nyamankuru d’être un collaborateur de Corneille Nangaa, le vice-président du Front pour la Réfondation de la Nation (FRN). Les deux religieux n’auraient finalement été relâchés qu’après s’être fait dépouiller de 700 dollars américains, une somme destinée à régler leurs frais académiques.
Pour le défenseur des droits humains, cette situation marque une régression inquiétante. Il rappelle que ces fouilles de téléphones et contrôles d’opinion étaient fréquents dans le passé. Alors que ces pratiques semblaient avoir disparu, le défenseur des droits de l’homme constate avec regret qu’elles « refont surface » aujourd’hui dans la capitale congolaise. Il lance ainsi un appel pressant aux autorités compétentes pour qu’elles interviennent immédiatement et mettent un terme définitif à ces dérives.