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Politique

RDC : la pétition contre Vital Kamerhe divise la classe politique

Une pétition visant le président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe, continue de susciter débats et interrogations au sein de la classe politique congolaise. Malgré les excuses présentées par le président de la chambre basse aux députés pétitionnaires et la prise en compte de la majorité de leurs revendications, ces derniers ont décidé d’aller jusqu’au bout de leur démarche. Selon plusieurs sources, plus de 260 signatures auraient déjà été collectées.

Cette initiative, qui pourrait bouleverser l’équilibre institutionnel, intervient dans un contexte marqué par de fortes incertitudes sécuritaires. « Quel intérêt pour le pays de changer le président de l’Assemblée nationale dans une telle période ? », s’interrogent certains observateurs, qui y voient les prémices d’une bataille politique aux enjeux plus profonds.

Les motivations en question

Pour plusieurs analystes, cette fronde viserait à écarter Vital Kamerhe d’éventuelles discussions sensibles, notamment autour d’une possible révision constitutionnelle. L’opinion publique redoute que cette démarche ne soit perçue comme une « humiliation permanente » infligée à un allié politique de poids, dont le soutien au pouvoir a pourtant été constant.

La motion concerne principalement Kamerhe et la rapporteuse adjointe de l’Assemblée, Inamizi Munongo. L’exclusion des autres membres du bureau alimente les soupçons d’un règlement de comptes ciblé. La mise à l’écart de Mme Munongo, dont la présence avait été saluée comme un signe d’ouverture démocratique, suscite également des incompréhensions.

Un risque de fracture politique

Au-delà du cas personnel de Kamerhe, plusieurs analystes redoutent que cette démarche n’accentue les divisions politiques et régionales, certains craignant qu’elle n’alimente de nouveaux ressentiments entre l’Est et l’Ouest du pays.

Des voix s’élèvent également pour alerter sur le risque de fragiliser davantage la confiance entre le parti présidentiel et ses alliés au sein de l’Union sacrée. « Malmener Vital Kamerhe, qui conserve une influence importante dans l’opinion, ne renforce pas la crédibilité démocratique », estiment certains observateurs.

L’arbitrage attendu de Félix Tshisekedi

Face à cette situation, des appels sont lancés au chef de l’État, en sa qualité d’autorité morale de la coalition, pour qu’il joue un rôle d’arbitre et empêche une escalade politique. Beaucoup redoutent que cette crise interne, si elle n’est pas gérée avec précaution, n’affaiblisse les institutions et ne compromette les équilibres politiques déjà fragiles.