Uvira sous tension : le paradoxe d'une ville surarmée mais livrée à la terreur
La ville d’Uvira, chef-lieu provisoire de la province du Sud-Kivu, fait face à une recrudescence alarmante de la criminalité urbaine. En l’espace de seulement cinq jours, une succession d’attaques armées et de découvertes macabres a plongé la population locale dans la psychose, contrastant fortement avec le dispositif sécuritaire et militaire pourtant déployé dans la zone.
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La ville d'Uvira, chef-lieu provisoire de la province du Sud-Kivu (Kinshasa), traverse une période particulièrement sombre. En l'espace de seulement cinq jours, du 11 au 15 juillet 2026, une flambée de violence d'une rare intensité a secoué les différents quartiers, laissant derrière elle un bilan tragique de morts et de blessés. Ce regain d'insécurité pose une question cruciale : comment une ville caractérisée par une forte présence militaire peut-elle sombrer si facilement dans le chaos ?

La série noire a débuté le 11 juillet dernier dans la commune de Mulongwe, où des tirs nourris dans les quartiers Rombe I et Rombe II ont fait trois blessés par balles. L'horreur a franchi un palier supplémentaire à Kakombe avec la découverte de deux corps décapités : l'un abandonné sur les rives du lac Tanganyika et le second retrouvé dans la rivière Mulongwe.

La violence n'a épargné aucun secteur de la ville. Dans le quartier Songo, un soudeur de profession nommé Fiston Majaliwa, alias Baba Dula, a été froidement abattu alors qu'il rentrait d'une salle de cinéma. À Kilubula, c’est un chauffeur d'agence de voyage qui a été blessé par balle avant d’être dépouillé de ses biens, tandis qu'à Kasenga/Kiyaya, un homme a été grièvement blessé à la machette lors d’une incursion armée à son domicile.

Face à cette déroute sécuritaire, la colère gronde au sein de la population. Les forces vives de la nation refusent de s'enfermer dans le silence et pointent du doigt l'incohérence entre les moyens militaires déployés et l'inefficacité de la protection des civils.

Plusieurs structures de la société civile sont montées au créneau pour condamner avec la plus grande fermeté cette série d'attaques.

« On ne peut pas parler de ville sécurisée quand nos citoyens se font égorger, tirer dessus et détrousser au quotidien, alors même que les patrouilles militaires sont censées quadriller la zone. Les autorités doivent cesser de subir les événements et anticiper pour protéger la population d'Uvira », s'indigne un représentant associatif sous couvert d'anonymat.

Alors que la peur s'installe dans les foyers d'Uvira, les regards se tournent désormais vers les autorités urbaines et provinciales. Celles-ci devront rapidement apporter des réponses concrètes pour restaurer l'autorité de l'État et, surtout, redonner aux habitants le droit de vivre sans craindre pour leur vie au coin de la rue. 


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