Le torchon brûle entre la province de la Tshopo et le gouvernement central. Didier Lomoyo, gouverneur intérimaire de la province de la Tshopo, a été convoqué d'urgence à Kinshasa, selon un télégramme signé lundi 1er décembre par le Vice-Premier Ministre de l'Intérieur, Jacquemin Shabani, qui évoque une simple « consultation ».
Le maire de Kisangani a également reçu le même ordre de se présenter dans la capitale.
Un lapsus aux lourdes conséquences
Cette convocation intervient au lendemain d'un incident jugé « maladroit » survenu lors d'un meeting à la mairie de Kisangani. S'adressant aux bourgmestres et aux agents de la mairie pour les sensibiliser au processus de mécanisation des fonctionnaires, le Gouverneur a.i. a glissé le nom de l'ancien président, Joseph Kabila, dans son discours.
Alors qu'il détaillait le processus mis en place par Jean-Pierre Lihau, Didier Lomoyo aurait cité Kabila à la place de l'actuel chef de l'État. Conscient de son erreur, il s'est immédiatement corrigé en mentionnant, quelques secondes plus tard, Félix Tshisekedi comme le « nouveau président de la République ».
L'événement a été marqué par un incident grave pour la liberté de la presse. Tous les journalistes présents à cette rencontre auraient été séquestrés par des agents du gouvernorat après le discours. Leurs téléphones auraient été formatés et leurs cartes mémoires confisquées, soulevant des interrogations sur la volonté de faire disparaître les preuves du lapsus.
Didier Lomoyo, actuellement membre de l'UDPS (parti au pouvoir), est un transfuge du PPRD, l'ancien parti de Joseph Kabila. Ce passé politique et l'incident de la citation ajoutent une dimension politique à cette convocation, dont l'issue reste incertaine.