Sud-Kivu : l'épidémie de choléra s'intensifie à Mwenga, le bilan grimpe à 10 morts
Depuis le Sud-Kivu, les nouvelles en provenance du territoire de Mwenga sont alarmantes. Entre centres de santé saturés et pénurie de médicaments, la région livre une bataille inégale contre une épidémie de choléra qui ne cesse de gagner du terrain.
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Le territoire de Mwenga est placé en état d'alerte rouge. Depuis le déclenchement de l'épidémie début février, la maladie a déjà coûté la vie à dix personnes. Faute de médicaments, les autorités locales redoutent une catastrophe sanitaire et appellent à l'aide internationale.

L'heure est à l'urgence dans la province du Sud-Kivu. Ce jeudi 5 mars 2026, l’administrateur du territoire, Walubila Ishikitilo Mao, a dressé un bilan alarmant de la progression du choléra dans sa juridiction. Si les derniers décès signalés concernent trois victimes (deux au sein de la communauté et une en milieu hospitalier), les données consolidées depuis le 2 février dernier font désormais état de 10 morts et d'une trentaine de cas recensés.

Initialement localisée dans le village d'Iganda, considéré comme l'épicentre de la contagion, la bactérie franchit désormais les frontières locales. Des cas suspects et confirmés ont été formellement identifiés dans les localités voisines de Kalole et Tuseswa.

À ce jour, 11 patients sont toujours pris en charge dans les structures de santé de la zone, lesquelles opèrent désormais à la limite de la saturation.

Sur le terrain, le corps médical lutte avec des moyens dérisoires. Le Docteur Kenemo Ndjunga Coss, Médecin Chef de Zone (MCZ) de Mwenga, a lancé un cri d'alarme concernant la pénurie totale d'intrants médicaux essentiels.

« Ce déficit constitue un défi majeur. Sans sels de réhydratation, chlore ou kits de perfusion, freiner la mortalité devient une mission quasi impossible », a-t-il averti.

Face à ce dénuement, les autorités territoriales sollicitent l’intervention immédiate des partenaires humanitaires, avec un appel direct lancé à Médecins Sans Frontières (MSF) pour un appui technique et logistique.

En attendant des renforts, l'administration mise sur la discipline citoyenne pour briser la chaîne de transmission. L’administrateur Walubila Ishikitilo Mao a exhorté la population à revenir aux fondamentaux de l'hygiène, qui sont le lavage systématique des mains (savon ou cendre) ; la désinfection rigoureuse des latrines ; le nettoyage minutieux des produits alimentaires à l'eau potable.

Dans une région structurellement fragilisée, la rapidité de la réponse internationale sera déterminante pour éviter que Mwenga ne devienne le foyer d'une crise régionale majeure.


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