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Politique

Sanctions américaines contre Joseph Kabila : Kinshasa jubile, l’ex-Président dénonce une « dérive politique »

L’échiquier politique congolais vient de subir une secousse majeure. En plaçant Joseph Kabila Kabange sous le coup de sanctions ciblées, le Département du Trésor américain a déclenché une onde de choc immédiate entre Kinshasa et le camp de l’ancien président. Si le gouvernement actuel y voit l’aboutissement d’un combat contre l’impunité, le camp Kabila dénonce, de son côté, une manœuvre purement politique.

Pour le gouvernement de la République démocratique du Congo, cette décision de Washington est loin d’être une surprise ; elle est une validation. Par la voix du ministère de la Communication, les autorités congolaises ont salué des mesures qu’elles jugent indispensables pour briser les réseaux de financement de la guerre dans l’Est.

Kinshasa accuse ouvertement l’ancien chef de l’État de « complicité avec les Forces de défense rwandaises (RDF) et  l’AFC/M23 ». En soutenant Washington, le gouvernement rappelle que la justice nationale a déjà ouvert la voie en poursuivant Joseph Kabila pour trahison. Pour l’exécutif, l’enjeu est  d’ « affaiblir les soutiens logistiques de l’instabilité pour forcer le retrait des troupes étrangères et obtenir réparation pour les victimes des massacres incessants.»

Le silence du « Raïs » a été rompu ce jeudi 30 avril 2026 par un communiqué au ton cinglant. Joseph Kabila rejette en bloc des accusations qu’il qualifie d’infondées et de « profondément injustifiées ». Pour lui, ces sanctions ne sont pas un acte de justice, mais un outil politique utilisé pour museler l’opposition et consolider ce qu’il nomme une « dérive dictatoriale » du régime en place.

Se posant en garant de la stabilité historique du pays, le président honoraire a rappelé son rôle dans la pacification de la RDC et la passation pacifique du pouvoir en 2019. Loin de se laisser intimider, il a fustigé une décision américaine qui, selon lui, cautionne un pouvoir « substituant un clan à l’État ». Joseph Kabila a d’ores et déjà annoncé son intention d’activer toutes les voies légales pour contester ces mesures et défendre son honneur.

Ce bras de fer illustre la tension extrême qui règne au sommet de l’État congolais. D’un côté, une administration Tshisekedi déterminée à écarter définitivement l’ombre de son prédécesseur en s’appuyant sur la diplomatie internationale. De l’autre, un Joseph Kabila qui se drape dans la Constitution pour appeler ses partisans à faire échec à ce qu’il considère comme une tyrannie.

Au-delà des querelles de personnes, c’est l’avenir de la stabilité régionale qui se joue. Si Kinshasa espère que ces sanctions seront un remède à l’insécurité, le camp adverse avertit que la crise congolaise est avant tout politique et économique, et qu’aucune mesure de force ne pourra remplacer une véritable solution intérieure.