Rutshuru : les habitants inquiets de la poursuite des combats un mois après l'entérinement de l'accord de paix de Washington
« Washington gère l'interétatique, mais Doha engage directement la rébellion de l'AFC-M23. Sans une issue au processus de Doha, la paix restera une illusion »
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Un mois après le sommet historique sous l’égide de l'administration Trump, le pacte de paix entre Kinshasa et Kigali peine à se traduire sur le terrain. À Rutshuru, entre détonations d'armes lourdes et crise humanitaire, les populations civiles dénoncent un « accord de façade » tandis que les regards se tournent désormais vers Doha.

Le 4 décembre dernier, l'image des deux chefs d'État entérinant l'Accord de Washington avait fait souffler un vent d'optimisme sur l'Est de la République démocratique du Congo. Trente jours plus tard, le réveil est brutal pour les habitants du territoire de Rutshuru.

« C’est un accord signé entre deux pays, mais sans aucun impact ici. Les combats continuent », s'insurge un habitant de Kiwanja, cité stratégique toujours sous le contrôle de l’AFC-M23. 

Pour ces populations, la diplomatie des salons semble déconnectée d’une réalité marquée par la précarité et l’absence totale d’assistance humanitaire.

L'insécurité ne paralyse pas seulement les mouvements, elle asphyxie l'économie locale. Jeudi 8 janvier, dès l’aube, le fracas des armes a de nouveau déchiré le silence à Mulala, à l’ouest de Kiwanja. Pour les paysans, la sentence est immédiate : le retour forcé à la maison et des ventres qui resteront vides.

« J’ai dû rebrousser chemin. On ne peut pas parler de paix quand les tirs dictent notre quotidien », témoigne une agricultrice, désemparée par l'impossibilité d'accéder à ses cultures vivrières.

Pourquoi l'accord de Washington stagne-t-il ? Pour les analystes, le texte traite le symptôme. C'est-à-dire les tensions entre la RDC et le Rwanda, mais ne règle pas de manière claire, le sort de ceux qui font la guerre qui déchire la partie Est de la RDC. 

« Washington gère l'interétatique, mais Doha engage directement la rébellion de l'AFC-M23. Sans une issue au processus de Doha, la paix restera une illusion », analyse un expert en relations internationales sous couvert d'anonymat.

Le constat de cet échec provisoire ne se limite pas à Rutshuru. Les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu restent une poudrière : 

A Masisi, des bombardements récents ont fauché une dizaine de civils. AWalikale, les affrontements font rage entre les FARDC et le M23 pour le contrôle de zones stratégiques et dans le Sud-Kivu en général, plusieurs lignes de front signalent une reprise des hostilités.

Malgré les cessez-le-feu théoriques décrétés dans les capitales étrangères, le bruit des bottes continue de couvrir la voix des diplomates, laissant des milliers de déplacés dans l'attente d'une paix qui, pour l'heure, ne figure que sur le papier.


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