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Société

Nord-Kivu : l’ONG ALIMA apporte un souffle d’oxygène sanitaire aux retournés de Rutshuru et Nyiragongo

Dans les territoires de Rutshuru et Nyiragongo, le retour des populations déplacées s’accompagne d’un défi sanitaire majeur. Depuis février 2025, l’organisation humanitaire ALIMA déploie un programme de gratuité des soins qui transforme le quotidien de milliers de familles en situation de vulnérabilité.

Financé par l’Union Européenne (via ECHO et le CDCS), cet appui médical cible les zones de santé de Rugari et Kingarame. Pour les habitants, qui regagnent leurs terres après des mois d’errance, l’accès gratuit aux médicaments est un « ouf » de soulagement dans un contexte économique asphyxié par la guerre.

Les bénéficiaires ne cachent pas leur gratitude. Françoise, rencontrée dans l’une des structures de santé, témoigne de la qualité de la prise en charge :

« Je me nomme Françoise, souvent j’arrive ici, je m’exprime et trouve les médicaments comme il se doit. Une fois que la solution n’est pas trouvée, les infirmiers font tout pour que je me sente à l’aise. C’est l’ONG ALIMA qui nous avait apporté ce don en médicaments, il nous avait aidés, que Dieu les bénisse et qu’ils continuent ainsi. »

Pour d’autres, comme cette mère de famille, le programme a permis des accouchements sécurisés sans barrière financière :

« Lorsque j’étais arrivée, ils m’avaient transférée ailleurs parce que je ne devais pas accoucher ici. Partout, je n’avais rien donné comme frais et je ne devais pas payer car il y avait l’ONG ALIMA qui s’en occupait. »

À Rugari-centre, le sentiment est identique : 

« Je suis venue me faire soigner, moi et mon enfant, nous avons tous recouvré la bonne santé sans aucun frais. Ne possédant pas de moyens en tant que retournés, nous avons été bien traités. », souligne un autre bénéficiaire. 

L’intervention d’ALIMA ne se limite pas à la distribution de comprimés ; elle réhabilite également l’offre de soins là où elle s’était effondrée. Kasereka Saidi, habitant de Rugari, décrit un parcours de soin fluide. 

« Je suis bien accueilli, je prends ma fiche et on m’oriente en cas de nécessité vers la pharmacie. J’avais la malaria, je suis guéri. Je souhaite que cette ONG demeure ici et continue à œuvrer au service de la population. »

Sur le plan technique, les responsables des structures sanitaires confirment l’impact structurel de cet appui. Jovite Rukwirazira, infirmier titulaire du centre de santé de Kingarame, rappelle l’état de dénuement total lors du retour des camps de Goma et Kanyaruchinya.

« Quand on était retournés ici, il n’y avait rien comme médicaments ou biens matériels. Dès qu’ALIMA est arrivée, elle nous a accompagnés, nous a amené des médicaments et des équipements. L’organisation a réhabilité la structure. La population se soigne gratuitement depuis ce jour-là jusqu’aujourd’hui. »

Pour le Docteur Marthe Biyonga, médecin responsable du centre de santé de référence de Rugari, l’aide est arrivée à un moment charnière. Selon elle, la gratuité est la seule option pour une population qui a tout perdu.

« ALIMA intervient au niveau de la structure pour l’appui en octroyant des soins gratuits, ravitaille en médicaments et prend en charge les prestataires. C’est une aide très importante pour soulager la population qui ne pouvait pas encore se prendre en charge car elle vit de l’agriculture et n’en avait pas encore les moyens au moment du retour. », précise-t-il.

Le projet, qui se poursuit dans les localités de Kinyandonyi, Kakomero, Rugari et Kingarame, demeure un rempart essentiel contre la dégradation de la situation humanitaire dans l’Est de la République Démocratique du Congo.

De retour de Kingarame et Rugari Kefa Kengete Jean Marie,  en collaboration avec notre rédaction.